Les moissons-battages constituent un vrai défi contre la nature dans les zones montagneuses, difficiles d'accès de la wilaya de Tissemsilt car ce travail nécessite de gros efforts et une préparation minutieuse par les agriculteurs.La réalité du terrain fait que les fellahs de ces monts difficiles d'accès sont contraints de recourir à des outils traditionnels tels que la faucille, pour moissonner les terres, une besogne qui se fait, le plus souvent dans des conditions difficiles marquées par une nature ingrate et un relief accidenté.
A ces facteurs s'ajoutent les grandes chaleurs de l'été, les difficultés de transport des récoltes et les pentes abruptes à escalader tous les jours.
Cette pratique traditionnelle, répandue au niveau de zones de montagnes, se distingue par la culture des céréales, à l'instar des communes de Bordj Emir Abdelkader, Théniet el Had, El Youssoufia, Sidi Boutouchent, Lazharia et Bordj Bou Naama.
En ces zones difficiles, les moissonneuses-batteuses et autres engins mécaniques sont d'aucune utilité, d'où le recours à la faucille dont le maniement nécessite aussi bien la prudence que le doigté qu'une longue expérience.
Les fellahs de la commune de Bordj Bounaama mettent en avant l'inexistence de moyens pour expliquer l'utilisation de la faucille. "C'est le seul moyen qui nous permettre de moissonner nos terres et récolter le blé", expliquent-ils, en insistant que ce travail ne peut être assuré par le premier venu. C'est une pratique dévolue aux seules personnes expérimentées et rompues aux méthodes de moissonnage par la faucille.
Questionnés, des paysans de la zone de Larbaa abondent dans le même sens. "Ce n'est pas n'importe qui peut exercer ce travail traditionnel dans les zones montagneuses. Le fellah doit être d'une solide corpulence, bien musclé et faire preuve de patience, d'une capacité de résistance et d'adaptation", ont-ils indiqué, soulignant que ce type de personnes est devenu de plus en plus rare, même dans les localités les plus reculées dont les populations restent fidèles aux traditions ancestrales, héritées de père en fils.
L'opération de moissons-battages est minutieusement préparée la veille par les fellahs qui se réunissent, la nuit, pour décider des parcelles à récolter. "Comme à l'accoutumée, la récolte commence par les endroits aux accès difficiles pour finir avec les parties situées au plus bas", ont expliqué des fellahs, très "rodés".
Le travail se déroule sous l il vigilant du propriétaire de l'exploitation. Celui-ci, trop souvent, s'implique dans le travail, avec l'aide des habitants de la région, qui connaissent cette tâche difficile.
Les fellahs saisonniers perçoivent une rémunération journalière allant de 1.000 et 1.200 dinars. Ils bénéficient également du repas, assuré par le propriétaire de l'exploitation agricole.
A la chambre agricole, qu'en dépit du développement des moyens mécaniques, on estime qu'il est impossible de se départir de cette méthode traditionnelle car la plupart des zones montagneuses disposent de grandes étendues consacrées aux nombreuses variétés de céréales. La wilaya de Tissemsilt a une vocation de région céréalière tout comme la wilaya voisine de Tiaret.
Selon le directeur de la chambre de l'agriculture, la main-d'œuvre ne cesse de diminuer de saison en saison, du fait de son vieillissement. "Nous devons réfléchir à une solution pour pallier à cette situation. Il y a urgence car cette pratique traditionnelle est menacée de disparition, faute de relève", a-t-il déploré.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz