Oued Tighzirt, Tiofrane, Matmoto, Bouzaguen, des douars à connotation berbère. Ces berbères de l'Ouarsenis longtemps oubliés, qui ont payé un lourd tribut aux cavaliers de l'apocalyse sur les chemins muteliers de Djebel Ellouh, une joint-ventre entre les zones frontalières de Médéa, Khemis-Miliana et Tissemsilt. C'est là, dans ces contrées pauvres, sans armes, sans vie que le terrorisme alignait des listings macabres à deux chiffres, les enlèvement, l'impôt " djihadique " en argent ou en bétail. Une encyclopédie de l'horreur, qui précipitera quelque 6.000 personnes sur les chemins de l'exode. Notre véhiucle cahote sur le CW 56 qu serpente à travers l'Hinterland montyagneux, reliant Oued Djemaâ (commune de Khemis-Miliana) à Derrag sur un linéaire de 40 km. Un tronçon routier déserté par les automobilistes durant la décennie noire à cause des faux barrages. Le paysage concentre tout ce que l'on attend d'un paradis insulaire. Pourtant, pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Au fond un douar, Matmata; les habitants ne parlent et ne comprennent que la langue amazigh. Et la plupart des gens d'ici n'ont jamais quitté leurs montagnes, même au plus fort de l'insécurité grâce aux fusils de l'honneur. Un peu plus loin de longues spirales de feu qui jaillissent en pierres sèches disséminées sur les flancs de la montagne. Le village de Derrag, ancien centre colonial datant de 1891, est bâti sur un éperon de 250 km2, dont 1.795 hectares de forêts. Un Pan de la révolution algérienne est gravé en lettres d'or à Djebel Ellouh, haut-lieu de la wilaya IV, l'historique. Comme milieu géographique, la commune de Derrag offre des conditions de vie difficiles, alors qu'elle est entourée de zones où ces mêmes conditions et la mise en valeur sont beaucoup plus faciles. La céréalicutlure et l'élevage bovin étant l'estampille millénaire de la région réputée, jadis, grenier du Titteri. D'où le mot des pouvoirs publics de lutte contre les disparités et la mise en chantier d'un éventail de projets. En effet, les besoins immédiats de revenus et de consommations collectives, telles que l'éducation, la santé, l'au potable, l'habitat et les viabilités diverses, ont été atténués. Mais il n'est pas inutile de revenir sur cette vocation largement illustrée qu'est l'agriculture. Et la priorité accordée à ce secteur n'est que la confirmation d'une vocation naturelles. L'élevage bovin, lui, fait l'objet d'un programme dont la réalisation sera progressive parce que plus complexe que l'agriculture. Ces actions sont complétées par un programme hydraulique qui vise à la mobilisation systématique des ressources en eau souterraines ou superficielles en vue de l'irrigation. L'investissement productif dans le gisement de la pierre taillée et à même d'accroître les ressources financières locales et soulage un tant soit peu les besoins de l'emploi. Le tourisme reste également un potentiel à ne pas négliger, notamment l'ancien village romain Grimidi et sites forestiers où seront implantés des unités hôtelières et sanitaires. Et pour encourager davantage les familles déplacées réticentes à se réinstaller dans leurs douars, aujourd'hui sécurisés, les pouvoirs publics proposent des aides à l'habitat rural, l'électrification, les routes, le soutien agricole. Nous ne quitterons pas Derrag, sans rendre hommage à Mokhtar Guedouar, un résistant de la première heure, victime du terrorisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Missoumi
Source : www.lemaghrebdz.com