La direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt a décidé d'engager une concertation avec l'ensemble des acteurs et partenaires du secteur pour une évaluation de l'étape de l'enseignement obligatoire.
Il s'agit de «cerner les causes qui ont donné lieu aux dysfonctionnements enregistrés dans le système éducatif pour apporter les changements nécessaires et fixer les priorités dans le cadre de la finalisation de la réforme du secteur, a annoncé samedi le secrétaire général de la direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt lors d'une journée d'information et de sensibilisation en présence des syndicats, parents d'élèves, enseignants, chefs d'établissement et élèves qui ont pu formuler leurs propositions. Il a insisté, à ce propos, sur l'essence et objectifs de la réforme qui restent «immuables et hors d'atteinte», soulignant que certains aspects «feront l'objet d'une évaluation et probablement d'une révision». Cette concertation élargie s'articulera autour des réalisations au plan de l'application de la réforme du système éducatif, a-t-il dit rappelant que cette opération s'inscrivait dans le programme d'action du ministère qui lui, s'inscrit dans le programme général du gouvernement approuvé en conseil des ministres le 17 septembre 2012 et adopté par le Parlement. Elle repose essentiellement sur quatre axes, à savoir celui des programmes éducatifs de l'enseignement obligatoire soit, les paliers primaire et moyen. Celui-ci traite du contenu de par sa cohérence avec l'emploi du temps, ses méthodes et les outils d'enseignement mis à la disposition. Le deuxième axe concerne la formation des formateurs qui comporte la formation de base des différents corps, la formation pendant le service, la formation académique à distance et la formation spécialisée. Le troisième axe touche, quant à lui, les conditions de scolarisation et l'égalité des chances de réussite, les infrastructures éducatives et équipements, les opérations de soutien à la scolarité et la lutte contre la déperdition scolaire. Le dernier axe sur la modernisation de la gestion pédagogique et administrative des établissements éducatifs porte sur les volets liés à la réactivation des conseils. Le secrétaire général de la direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt a affirmé, d'autre part, que notre secteur a décidé, dix ans après l'amorce de la réforme du système éducatif, de procéder à une «évaluation objective et perspicace des étapes franchies afin d'établir un diagnostic qui sera mis à la disposition des membres de la corporation sur la situation actuelle que connaît notre école». «Ce dernier, a-t-il poursuivi, portera sur les points forts et l'évolution enregistrée au double plan qualitatif et quantitatif pour cibler, enfin, les points faibles et lacunes qui ont entravé la bonne application de la réforme». Cette opération est une «halte impérative» dès lors que l'évaluation représente méthodologiquement, un élément fondamental de la réforme, a-t-il souligné avant de dire qu'il s'agit là d'une «revendication impérieuse» de la part de l'ensemble des acteurs de la corporation et partenaires sociaux. Selon le secrétaire général de la direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt, cette démarche «ne saurait être efficace sans l'implication du noyau principal de la corporation éducative, en l'occurrence l'élève et l'enseignant outre les instances d'encadrement, d'inspection et de formation pour arriver enfin aux paliers planification et prospection pour ficeler des solutions et prendre des décisions au double plan local et central». L'objectif étant, dans ce cas précis, de «donner souffle et cohérence pour la poursuite de la réforme tout en prenant en compte les points positifs pour sa promotion et négatifs pour y remédier». La concertation concerne les inspecteurs, les directeurs, les enseignants, les parents d'élèves, les syndicats à tous les niveaux, local, wilaya, sans oublier l'élève qui est, lui aussi, appelé à prendre part à ce dialogue. Le secrétaire général de la direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt, a souligné la nécessité de réunir les conditions à même de favoriser un dialogue constructif et une large consultation dans lesquels, chacun puisse exprimer ses idées et apporter des propositions pour formuler des recommandations visant à impulser une nouvelle dynamique au processus de réforme. Cette consultation est prévue dans les établissements éducatifs du 3 au 11 février, dans les daïras (du 13 au 21 février), dans les directions de l'éducation (du 24 au 28 février) et au niveau des wilayas du 5 au 7 mars prochain. Au niveau des conférences régionales, la consultation est prévue du 10 au 14 mars 2013 puis du 18 au 20 mars 2013. Le ministère de l'Education nationale abritera la consultation du 24 au 28 mars. La consultation prendra fin avec les assises nationales prévues du 9 au 11 avril 2013. Les propositions qui découleront de ce dialogue aboutiront à une réflexion prospective visant à «développer le système éducatif et à opérer un saut qualitatif dans ce secteur», a souligné le secrétaire général de la direction de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt. Précisant que le programme du gouvernement avait pour priorité l'amélioration de la qualité du rendement, le conférencier a souligné que cet objectif passait dans le secteur de l'éducation, par le suivi et l'évaluation des réformes wilaya par wilaya en matière de méthodologie et de gestion des ressources humaines et matérielles, de distribution des livres scolaires et de cohérence entre les critères d'évaluation des résultats au niveau de chaque wilaya et des critères nationaux et des objectifs de la politique éducative en vigueur. Difficile de parler d'évaluation sans aborder un sujet encore plus tabou : l'incompétence de certains profs. Avec un taux de congédiement quasi nul (0,3%), les directeurs des établissements scolaires préfèrent souvent ignorer les évaluations des professeurs. Au détriment des élèves. La majorité des profs font du très bon boulot. Mais les exceptions sont bien réelles. Et surtout, difficiles à gérer. «Le nombre est faible mais l'impact peut être important» si le prof est en contact avec plusieurs élèves. L'incompétence est d'abord difficile à définir sans tomber dans la subjectivité. Mais, il y a tout de même des points de repère : les connaissances, la discipline, l'interaction avec le milieu scolaire, etc. «On peut enseigner de différentes façons, mais on ne peut enseigner n'importe comment ni n'importe quoi». La structure actuelle, qui privilégie l'ancienneté comme critère d'attribution de postes, place certains profs en «situation potentielle d'incompétence». Un prof peut par exemple enseigner une matière pour laquelle, il n'est pas formé, s'il a plus d'ancienneté que ses collègues spécialisés. Tout le monde sera d'accord avec Charles Hadji pour dire : « Evaluer pour mieux faire évoluer» (1997). Dans cette optique, pour mettre en 'uvre une formation en bonne et due forme, l'étape de l'identification des compétences pour l'exercice du métier de professeur, et donc l'étape de l'évaluation est une phase incontournable. Ainsi, l'ébauche d'un référentiel de base qui pourrait servir de support à la mise en place et au suivi du dispositif de formation, ne saurait voir le jour sans que l'on tienne compte d'un certain nombre de paramètres : comment fonctionne un enseignant ' Que doit-il savoir ' Comment devrait-il fonctionner ' Y a-t-il évolution de ses représentations et de ses pratiques depuis la formation initiale reçue ' Bref, une série d'interrogations à laquelle, on ne peut trouver des éléments de réponses que par le biais d'une évaluation raisonnée capable d'aider à comprendre la situation et susceptible de fournir des repères à tous les partenaires de l'action formative. (A suivre)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abed Meghit
Source : www.lnr-dz.com