Tissemsilt - A la une

Bathia (Aïn Defla), l'oubliée



La daïra de Bathia avec ses 3 communes El Hassania, Belaas et Bathia, chef-lieu de la daïra, s'adosse aux contreforts de la chaîne de l'Ouarsenis, implantée dans une zone accidentée, à 75 km au sud-ouest de Aïn Defla et à 1 160 m d'altitude, ce qui lui confère un climat très froid l'hiver qui l'isole parfois par d'abondantes chutes de neige.Bathia et ses communes ont vécu deux périodes dramatiques, la première pendant l'occupation coloniale, principalement durant la guerre de Libération nationale quand sous le commandement du général Challe, l'armée coloniale a mené la tristement célèbre opération «Courroie» pour laquelle le pouvoir colonial a engagé plus de 60 000 hommes dotés d'importants moyens de destruction massive qui ont ravagé villes et villages et semé la mort et la désolation au sein des populations démunies.
A Bathia qui a perdu les meilleurs de ses fils se trouve le plus grand cimetière de chouhada de la wilaya de Aïn Defla où sont enterrés plus de 600 martyrs qui ont résisté dans les rangs de l'ALN à la férocité des troupes d'élite de la soldatesque coloniale qui voulait éradiquer les groupes de résistants, en vain d'ailleurs.
Bathia a vécu aussi, durant la décennie rouge de 1990, les affres d'une autre guerre qui a fait aussi de très nombreuses victimes, hommes femmes et enfants sans distinction en plus d'une paupérisation extrême aggravée par l'isolement et l'insuffisance de programmes de développement injectés dans la région.
Certes, une fois la paix revenue, des programmes de développement ont été consentis, mais ils demeurent très insuffisants eu égard aux retards enregistrés pour la mise en place des structures de base nécessaires à tout développement tous secteurs confondus, tels que le logement rural, les voies de communication, les établissements scolaires et de santé, les routes entre autres. A propos des moyens de communication, alors que de larges zones du pays disposaient de la téléphonie mobile, les habitants de Tafrent, la seconde localité la plus peuplée, n'a été connectée au réseau mobile que depuis quelques mois, suite à quoi d'ailleurs, les habitants de la région ont festoyé.
Dans la daïra de Bathia, la polyclinique ne dispense pas de prise en charge pour les parturientes en l'absence de spécialistes alors que la commune est au centre de nombreuses localités éparpillées des deux côtés de la limite de la wilaya de Aïn Defla, avec celle de Tissemsilt, et ce, malgré les doléances des populations locales maintes fois exprimées mais auxquelles les responsables n'y ont jamais prêté attention. Cette structure sanitaire ne dispose même pas d'une ambulance pour d'éventuelles évacuations vers l'hôpital Sidi-Bouabida d'El Attaf distant de quelque 70 km, et pour ce faire, on a recours à l'ambulance de la commune, quand elle est disponible.
A ces situations désolantes s'ajoute l'absence de réseau d'AEP dans les localités de Baâdja et Bouadria pour ne citer que celles-là. Ce qui oblige les habitants à aller puiser de l'eau dans des jerricans à dos-d'âne pour ceux qui en possèdent, à des sources éloignées.
En attendant, les habitants sont abreuvés de promesses de ceux qui les gouvernent et continuent à «attendre» l'inscription d'un quelconque projet de réalisation d'un réseau de distribution, surtout qu'un réservoir existe, réalisé depuis un certain temps déjà.
Par ailleurs, les habitants du quartier «El Bathia» attendent toujours la réhabilitation du réseau d'AEP vétuste. Ils espèrent toujours la refection de la chaussée de la route reliant le douar des Karnacha et la localité de Sidi Khaled, un tronçon délabré de 2,5 km.
Dans le domaine de l'habitat, selon des sources locales, les besoins sont démesurés par rapport à la demande.
En effet, pendant que l'APC a enregistré quelque 400 demandes d'aides à l'habitat rural, seulement 120 habitants ont pu en bénéficier, alors qu'un programme de réalisation d'un lotissement de 50 unités de logements sociaux n'a pu voir le jour faute de terrain à bâtir d'autant que la région, montagneuse et accidentée, est sujette à des glissements de terrain fréquents.
En attendant, Bathia demeure l'oubliée du système.
Karim O.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)