Tissemsilt - A la une

Bakhti Belaïb, l'homme qui était confronté à la "mafia" de l'importation



Bakhti Belaïb, l'homme qui était confronté à la
Il a défrayé la chronique en septembre dernier lorsque, contre toute attente, il révèle un scandale dans l'importation qui n'a pas manqué de faire désordre au sein de l'Exécutif. Le ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, est décédé jeudi soir dans un hôpital parisien où il a été admis en urgence, il y a quelques jours. Membre du conseil national du RND, ce natif de Theniet El-Had, dans la wilaya de Tissemsilt en 1953, a fait l'essentiel de sa carrière dans le secteur du commerce. Ministre une première fois sous l'ère de l'ex-président Liamine Zeroual, entre 1996 et 1999, dont il fut porte-parole, il hérite du même portefeuille en juillet 2015 en remplacement de l'ex-ministre, Amara Benyounès. Mais ce remplacement était loin d'être une simple sinécure pour lui, car non seulement il arrivait dans une conjoncture économique marquée par la chute des prix du pétrole qui mettait à mal les équilibres financiers du pays, mais il devait aussi s'attaquer au lobby de l'importation, celui-là même qui était vraisemblablement à l'origine du départ de son prédécesseur. "Concernant le commerce extérieur, les mesures déjà prises sont importantes et doivent être appuyées par d'autres", a-t-il commenté en juillet 2015, peu après son installation. Comme premier chantier, il décide d'instaurer des licences d'importation pour mieux maîtriser les importations, réduire la facture faramineuse et contrôler les produits, à la provenance douteuse, qui sont déversés continuellement sur le territoire national. "Il est nécessaire, dit-il, d'interdire l'entrée des produits non conformes à loi sur le marché national. C'est un travail important. Nous devons parer à toutes les opérations commerciales illégales qui permettent l'entrée de ces produits sur le marché national." Mais le créneau le plus visé est celui de l'importation de véhicules qui coûtait la bagatelle de trois milliards de dollars annuellement et où opère près d'une centaine de concessionnaires. Réputé pour sa discrétion et sa réserve, mais qui dissimule une main de fer dans un gant de velours, Bakhti Belaïb n'hésite pas, parfois, de s'affranchir des réserves que lui impose son poste, pour dire ses "vérités" qui n'agréent pas souvent ses pairs au sein de l'Exécutif. Comme cette révélation sur l'ampleur de la surfacturation dans l'importation estimée entre 18 et 20 milliards de dollars, soit 30% rapporté au volume de l'importation globale qui était de l'ordre de 60 milliards de dollars en 2015. Il y a quelques mois, il est sous les feux de la rampe en évoquant le cas d'un importateur de pièces détachées pour véhicules peu scrupuleux dont la cargaison a été bloquée au port pour non-conformité et qui s'est déplacé au ministère en menaçant des cadres sur place. Grâce à des complicités au ministère, il a pu débloquer sa cargaison. "Ce monsieur a des ktaf (ndlr : des épaules)", a déclaré le ministre du Commerce. Si elle a agacé certains ministres, l'affaire n'a pas pu lever, toutefois, le voile sur l'ampleur du phénomène. Rongé par la maladie depuis quelques années, Bakhti Belaïb n'aura pas la chance de mener à terme deux autres chantiers auxquels il voulait s'attaquer, à savoir la révision de l'accord d'association avec l'UE et l'adhésion à l'OMC. Bakhti Belaïb, qui sera enterré aujourd'hui au cimetière de Chéraga, laisse une veuve et trois enfants.K. K.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)