
Rengaine. Hier le ministère de la Santé s'est fendu d'un communiqué pour dire que «l'usage des pétards représente un danger réel». Non sans rappeler que le phénomène revient «chaque année à l'occasion du Mawlid Ennabaoui Echarif». Suivent les diverses conséquences. Incendies, pollution sonore, brûlures des yeux, des doigts, du visage, etc. Enfin, le communiqué signale que ce sont les enfants et les adolescents qui sont les plus touchés par ce type d'accident et donc ajoute le communiqué «ils jouent avec le feu». Merveilleux. Admirable action de sensibilisation. Le must est atteint par la solution préconisée. «Les aînés doivent faire attention aux plus jeunes!», a conclu, avec le sentiment du devoir accompli, le ministère dans son communiqué. Il est vrai que la mission du ministère de la Santé est de soigner les malades, pas de lutter contre les pétards. On peut dire la même chose pour la Protection civile. Elle intervient pour éteindre les incendies et évacuer les blessés. Pour leur part, les services des douanes font ce qu'ils peuvent en saisissant ce qu'ils peuvent saisir comme cargaisons de pétards. Mais tout de même...! Lorsque rien ni personne n'assure la prévention, il faut qu'il y ait des âmes charitables pour réagir, pour épargner au plus grand nombre de ces enfants une infirmité à vie. En 2013, le professeur Badredine Mitiche, chef de service de l'hôpital des grands brûlés d'Alger avait avancé le chiffre de 6000 enfants qui, chaque année, sont victimes de brûlures. Ce chiffre a dû être dépassé depuis. Pas de statistiques officielles pour confirmer ou infirmer. Le ministère de la Santé ne dit rien à ce propos dans son communiqué. 6000 enfants pour un seul hôpital et dans une seule de nos villes c'est énorme. Il y a bien eu, en 2013, une «Association nationale de sensibilisation et de prévention des brûlures» (Anspb) qui avait été agréée. Aussitôt créée, elle a organisé la «1ère Journée nationale des brûlés» à l'Ecole nationale des impôts de Koléa (W.Tipaza). C'était en janvier 2014 à l'approche du Mawlid Ennabaoui de cette année-là. Sa portée ne pouvait être que limitée à cette ville comme la courte portée du communiqué du ministère de la Santé transmis à l'agence officielle APS. On a la nette impression d'assister à une démission collective (ou un fatalisme) contre un fléau dévastateur qui mutile chaque année nos enfants. Pourquoi' Les barons du pétard sont-ils pour quelque chose dans cette inaction' Légitime question pour une réponse impossible. L'essentiel est de se bouger. De faire quelque chose. Il n'est pas trop tard pour limiter les dégâts. A défaut d'éradiquer cette pratique. Une pratique qui ne peut être expliquée que par les psychiatres. Ils sont les seuls à comprendre le «plaisir» que tirent ceux qui font exploser les pétards. Ils sont les seuls à pouvoir expliquer le comportement des parents qui «ferment» les yeux devant ce danger que courent leurs enfants quand ils ne l'encouragent pas carrément. Les moyens de lutte existent. Pourquoi les télévisions publiques (en attendant que les télés privées intègrent le service public) ne font-elles pas appel à des victimes de ces pétards qui portent des séquelles dans leur chair pour venir témoigner devant les caméras' Pour venir témoigner avec leurs cicatrices, même les plus choquantes. Pour la bonne cause. Comme cela se fait naturellement avec les handicapés qui militent, sans complexes, pour améliorer leurs conditions de vie et, dans le même temps, pour appeler leurs concitoyens à éviter les pièges qu'ils ont connus. Comme peuvent être sollicités les praticiens spécialistes (comme pour la lutte anti-tabac) pour montrer les difficultés pour les brûlés de retrouver un aspect normal. Un tel programme de «télé-réalité», bien conçu et à l'heure de grande écoute, serait incontestablement profitable. Au lieu des lamentations!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com