Tipaza - A la une

«Nous sommes des miraculés»



«Nous sommes des miraculés»
Indignation - «Au lieu de décréter un plan Orsec, ils se sont limités à des déclarations et des constats qui se contredisent tous».
Nous poursuivons notre route dans un environnement toujours féerique, mais plein d'amertume et de tristesse. Nous jetons notre dévolu sur le village de Ghzaghza situé à quelques encablures d'El-Hamdania. En bord de route, un groupe de jeunes gagnés par l'oisiveté ne s'intéresse pas aux man'uvres que doit faire notre chauffeur pour faire sortir notre véhicule coincé dans la boue et la neige.
Notre intrusion au milieu de ces jeunes est bien interprétée. Si le problème de gaz naturel ne se pose pas à Ghzaghza, puisque toutes les demeures sont alimentées au gaz de ville, le problème des vivres, en revanche, se pose avec acuité. «Pendant plusieurs jours nous avons souffert du manque de nourriture et d'eau potable. Pour une baguette de pain, nous avons été obligés de parcourir plus de sept kilomètres à pied dans la neige pour rejoindre la ville de Médéa», disent ces jeunes gens qui ne veulent pas faire un drame de leur situation.
«Si ce n'était qu'en cette période que les responsables émargeaient au registre des abonnés absents, nous pourrions dire que c'est compréhensible. Le malheur, c'est qu'ils sont absents toute l'année. Ils ne pointent le bout de leur nez qu'à la veille d'une quelconque échéance électorale», disent ces citoyens. «Ne manquez pas d'adresser notre reconnaissance aux humbles citoyens qui se sont solidarisés avec nous», nous lancent nos interlocuteurs, alors que nous les quittions pour rejoindre un automobiliste qui souffre le martyre dans cette côte glissante qui mène au village de ce lieudit. Cet automobiliste ne se fait pas prier pour relater le calvaire qu'il endure avec sa famille. «Nous sommes passés par une période tellement difficile qu'il m'est impossible de la relater en quelques mots. Vu l'extrême dureté des nos conditions de vie qui ont basculé du jour au lendemain et l'absence des autorités, nous pouvons louer Le Tout-Puissant de nous avoir épargné le pire. Sans nourriture, sans eau et parfois sans électricité pendant plusieurs jours, nous pouvons dire que nous sommes des miraculés. Les autorités à tous les niveaux ont prouvé leur incapacité à gérer une situation d'exception. Au lieu de décréter un plan Orsec, ils se sont limités à des déclarations et des constats qui se contredisent tous», tempête ce citoyen qui doit prendre chaque jour son enfant à l'hôpital pour une séance de dialyse.
Un peu plus haut avant de rejoindre le chef-lieu de la wilaya de Médéa, nous baissons pavillon au niveau de la station Naftal de Haï Tlemçani. Ici, plus d'une cinquantaine de citoyens venus de différentes régions attendent depuis plusieurs jours l'arrivée d'une éventuelle cargaison de gaz butane, en vain. Il y a même des citoyens qui viennent de Bou Ismaïl dans la wilaya de Tipaza pour s'approvisionner en ce produit qui se fait tant désirer.
Ils parlent du marché noir de gaz qui s'est installé au niveau de la wilaya. «Allez vers le dépôt de gaz de Naftal à Draâ Smar», nous disent ces citoyens qui dénoncent aussi le détournement de toute une cargaison de gaz butane vers le propriétaire d'un poulailler. «C'est une personne très puissante de la wilaya qui est derrière ce méfait», concluent nos interlocuteurs.
L'indifférence du maire
L'attitude du maire de Médéa a de quoi laisser perplexe. En effet, les dizaines de citoyens rencontrés au niveau de la station Naftal de Haï Tlemçani, témoignent à l'unanimité, que «le maire de Médéa qui est venu se restaurer dans un restaurant de cette station, a refusé de nous adresser la parole, se contentant de nous lancer un regard hautain». Ces citoyens n'arrivent pas à cacher leur amertume mais surtout leur colère.
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