Dans la matinée d'hier, jour des élections locales, l'affluence dans les bureaux de vote était faible dans plusieurs communes de Tipaza et d'Alger.
Dans les écoles où se déroulait le double scrutin pour les communales et les wilayas, les électeurs n'étaient pas nombreux dans les centres de vote visités. Le taux de participation oscillait entre 4 et 8%, durant les premières heures du scrutin. Les taux sont calculés chaque heure ou deux heures, nous ont indiqué des observateurs des partis politiques, rencontrés sur place.
«La participation augmenterait dans l'après-midi», a estimé le chef de centre à l'école Kamel Saï de Koléa (wilaya de Tipaza). Convaincu, il a ajouté que la pluie était la principale cause de la faible participation. La chef de centre représentant les observateurs du RCD a estimé, quant à elle, que les femmes préfèrent sortir l'après-midi pour voter. Dans ce centre, quatre bureaux ont été ouverts pour accueillir les électeurs qui devront choisir entre six partis candidats pour l'APC et neuf partis pour l'APW.
Pour l'APC, les partis candidats sont : FLN, RCD, LPA, Alliance verte, FFS et RND. Les partis politiques candidats ont tous dépêché leurs observateurs pour surveiller le déroulement du vote, a noté le chef de centre, qui a salué la mobilisation des services de sécurité et de la Protection civile pour assurer le bon déroulement du scrutin.
Les observateurs resteront sur place jusqu'au dépouillement pour rédiger leurs procès verbaux (PV). Surveillant le moindre détail, les chefs de centres et les observateurs ont jugé que les élections se déroulaient dans de bonnes conditions, hormis quelques comportements que certains ont qualifiés de «dépassements».
En effet, certains représentants du FLN postés aux entrées des écoles n'hésitaient pas à demander aux électeurs de voter pour leur parti. Un comportement pas du tout apprécié par les représentants du RND qui n'ont pas caché leur mécontentement et leur intention de signaler ce «dépassement» dans leur PV.
«Nous demandons aux représentants des partis de ne pas influencer les électeurs», a noté un observateur d'un autre parti, reconnaissant que la surveillance du scrutin est plus aisée dans les centres qui comptent peu de bureaux de vote. Dans ce centre de vote, les électeurs étaient principalement des personnes âgées et les jeunes préféraient suivre de loin le scrutin auquel ils ne croient pas.
Sous la pluie, plusieurs groupes de jeunes qui scrutaient les passants qui se dirigeaient vers les centres de vote nous ont dit qu'ils s'abstenaient de voter car ils sont convaincus que le futur président de la commune ne changera pas leur quotidien et ne les aidera en rien à trouver de l'emploi.
Les citoyens ne font plus confiance aux élus communaux
Au centre de vote de l'école Aouadj Mohamed de Douaouda, les personnes rencontrées ont estimé que la faible participation traduit le mécontentement des habitants de la commune. «Le président d'APC sortant nous avait promis de raccorder nos foyers au gaz cette année, mais rien n'a été fait», a déploré un quinquagénaire, habitant la cité 120 Logements.
«Nous souffrons aussi de l'insalubrité et de l'insécurité dans le quartier», a-t-il ajouté, en présence d'autres citoyens qui ont parlé aussi du stade pour lequel une importante enveloppe a été déboursée mais qui est inutilisable. L'un des candidats du FLN pour les communales à Douaouda a reconnu que l'équipe sortante de son parti «n'a pas fait grand-chose d'où l'abstention des électeurs».
Les citoyens refusent de voter car ils constatent que rien n'a changé dans leur quotidien. La majorité des bénéficiaires des logements sociaux ne sont pas des enfants de la commune qui continuent d'occuper des habitats précaires, a-t-il déploré. Même en mobilisant des minibus pour transporter les électeurs vers les bureaux de vote, «nous n'arrivons pas à convaincre», a-t-il encore confié, ajoutant que durant la campagne électorale, il était difficile pour les candidats FLN d'intéresser la population qui n'a plus confiance dans les élus locaux.
Le même candidat a dit comprendre la réaction de ses concitoyens car les précédents élus n'avaient pas tenu leurs promesses. Il a avoué que les personnes qui ont voté sont en premier lieu des habitants des bidonvilles auxquels on a promis des logements sociaux. Pour leur part, les citoyens ont souhaité que le président d'APC ait plus de prérogatives pour pouvoir réaliser des projets au bénéfice de la commune. La distribution de logements sociaux doit être confiée aussi aux élus communaux qui connaissent mieux les habitants de leur commune.
Les partis préfèrent l'APW aux APC
Par ailleurs, le fait marquant des élections est l'intérêt que portent les partis politiques aux élections de wilaya où le nombre des candidatures est plus important comparativement aux candidatures pour les élections communales. A Douaouda, neuf partis ont présenté des candidats pour l'APW et deux partis uniquement pour l'APC.
A El Mouradia, sept partis politiques ont présenté des candidats pour les communales alors que pour les élections APW, seize partis ont présenté leurs candidats. Les élus locaux n'ont pas de prérogatives d'où le faible intérêt des partis politiques pour les élections communales, surtout les nouveaux partis qui ne disposent pas d'un grand nombre d'adhérents, a tenté d'expliquer un représentant d'un parti.
Même pour assurer la surveillance du déroulement, certains partis politiques ne parvenaient pas à mobiliser des observateurs y compris parmi leurs militants qui ont exigé d'être rémunérés. «Il n'y a plus de militantisme», a regretté un représentant d'un parti d'opposition, qui a reconnu que son parti ne pouvait pas payer des personnes pour assurer la surveillance des élections.
Même le motif de «surveiller pour bloquer les tentatives de fraude n'a pas convaincu les militants», a-t-il regretté. Le chef de centre représentant les observateurs du PT à l'école Abdelmalek Ben Merouane à El Mouradia a attesté qu'il n'a pas enregistré de dépassements, même si son parti n'a mobilisé que deux observateurs dans ce centre qui compte neuf bureaux.
La chef de centre chargé de l'observation pour le compte du RND a tenu à signaler que les observateurs du FLN sont présents en force. Pour la taquiner, le chef des observateurs du vieux parti lui a rappelé que son parti a présenté ses candidats dans 1000 communes. Souhaitant qu'il y ait «une concurrence loyale» entre les partis candidats, les représentants des partis n'écartent pas de créer des alliances si aucun parti politique n'obtient la majorité, une fois élu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Sebai
Source : www.letempsdz.com