
Situé à l’entrée du port de Cherchell, dans la wilaya de Tipaza, le phare du Fort Joinville est l’un des ouvrages de signalisation maritime les plus emblématiques du littoral centre-ouest algérien. Construit à la fin du XIXᵉ siècle, il constitue un maillon essentiel du réseau de phares établi le long de la côte algérienne pour sécuriser la navigation en Méditerranée.
Le phare est implanté sur l’ancienne île Joinville, petit îlot rocheux situé face à la ville, aujourd’hui relié au rivage par des aménagements portuaires. Cette position permet de :
signaler précisément l’accès au port de Cherchell ;
avertir les navires des hauts-fonds et des rochers côtiers ;
servir de repère visuel pour les bâtiments longeant la côte entre Alger et le littoral occidental.
La configuration du rivage, marquée par des caps rocheux et des fonds irréguliers, rendait indispensable la mise en place d’un dispositif lumineux fiable.
Le phare fut édifié en 1881, durant la période de modernisation des infrastructures maritimes en Algérie au XIXᵉ siècle. À cette époque, les autorités entreprirent l’installation d’un réseau cohérent de phares afin de répondre :
à l’augmentation du trafic commercial en Méditerranée ;
au développement des ports algériens ;
aux impératifs militaires et stratégiques.
Cherchell, ancienne Iol punique devenue Caesarea Mauretaniae à l’époque romaine, possédait déjà une longue tradition portuaire. L’implantation du phare prolonge ainsi une vocation maritime remontant à l’Antiquité.
Le phare du Fort Joinville présente les caractéristiques typiques des phares côtiers de la fin du XIXᵉ siècle :
Tour cylindrique en pierre de taille
Hauteur d’environ 28 à 29 mètres
Galerie sommitale entourant la lanterne
Logement annexe destiné autrefois au gardien
La lanterne abrite un système optique perfectionné (initialement à huile, puis modernisé à l’électricité). Le feu émet un signal lumineux blanc identifiable, avec une portée maritime d’environ 25 milles nautiques (près de 45 km), permettant aux navires d’anticiper leur trajectoire bien avant l’approche du port.
Le phare assure plusieurs fonctions essentielles :
✔ Guidage des navires entrant ou quittant le port de Cherchell
✔ Sécurisation des routes maritimes côtières
✔ Prévention des échouements nocturnes
✔ Repérage par mauvais temps
Il s’inscrit dans un ensemble de balises lumineuses réparties le long de la côte algérienne, constituant un système coordonné de signalisation maritime.
Le nom « Fort Joinville » provient de l’ancienne dénomination coloniale de l’îlot. Le site servait également de point d’observation et de défense, protégeant l’accès au port.
Aujourd’hui, le phare demeure :
un symbole du passé maritime de Cherchell ;
un élément structurant du paysage portuaire ;
un témoin de l’évolution des techniques de navigation.
Il s’intègre harmonieusement dans une ville riche en vestiges archéologiques romains, en infrastructures portuaires modernes et en paysages méditerranéens remarquables.
Visible depuis le port et la corniche, le phare constitue un point de repère pour les habitants comme pour les visiteurs. S’il n’est pas ouvert au public, il continue d’exercer sa fonction première : guider les marins.
Le phare du Fort Joinville à Cherchell incarne la continuité entre l’Antiquité maritime de la ville et son développement moderne. Édifié en 1881 pour répondre aux exigences croissantes de la navigation méditerranéenne, il demeure un acteur discret mais essentiel de la sécurité en mer.
À la croisée de l’histoire, de l’architecture et du patrimoine maritime, il représente une page importante de l’histoire côtière de la wilaya de Tipaza et de l’Algérie tout entière.
Posté par : patrimoinealgerie