
La désignation d'une nouvelle Assemblée populaire nationale n'a pas suffi pour concrétiser la promesse de changement faite à la population. Les citoyens s'attendaient à d'autres démarches pour voir se dessiner les contours d'un nouveau paysage politique. Depuis mai dernier, l'attente est vaine et leur impatience va crescendo. Pause estivale et Ramadhan ont fini par les conforter dans leur perception que rien ne bouge dans le pays. Ils ont le sentiment que leurs gouvernants ne sont pas pressés d'apporter des solutions aux diverses contraintes qu'ils rencontrent dans la vie de tous les jours. Car au-delà de la nomination d'un nouveau gouvernement, c'est surtout une oreille attentive qu'ils voulaient trouver pour écouter leurs doléances et, pourquoi pas, les soulager du poids des tracas quotidiens. Les cris de détresse, on les entend à longueur de journée dans les émissions des nouvelles télévisions satellitaires et les complaintes sont aussi publiées dans les colonnes de journaux. Est-ce qu'on se contente en haut lieu de compiler des dossiers contentant les revendications des citoyens, ou bien, y a-t-il un staff qui veille à élaborer et à piloter un plan de sortie de cette léthargie ambiante' La fronde des citoyens parvient aussi aux yeux et aux oreilles des gouvernants par des moyens très terre à terre. A Tipaza, n'a-t-on pas bloqué une route pour empêcher une délégation ministérielle de poursuivre son chemin' Mais lorsqu'on entend de la bouche d'officiels que les efforts pour sortir le pays de l'impasse ont fini par aboutir à un échec, peut-on encore espérer' Des signaux contradictoires sont envoyés aux électeurs. D'un côté, on promet monts et merveilles, et de l'autre, on n'hésite pas à évoquer des freins au changement et à invoquer les raisons qui conduisent au statu quo. Soit le pire scénario pour une Algérie qui vient de fêter ses 50 ans d'indépendance et dont la jeunesse aspire visiblement à des lendemains meilleurs. A moins que le ciel ne s'assombrisse davantage. Des voix n'hésitent plus à parler d'ingrédients qui se cristallisent pour aboutir à une situation explosive. C'est dans ce contexte précis que l'homme de la rue, qu'on ne doit plus présenter comme un casseur potentiel, s'attend à des gestes pour faire en sorte que la rentrée sociale se déroule sans encombres.
C'est ce qui était souhaité lorsque le gouvernement s'est penché sur le dossier des gardes communaux, des oeuvres sociales, des salaires et des retraites. Mais force est de constater qu'il y a un décalage entre les actions entreprises et la perception qu'en ont les citoyens. C'est suffisant pour creuser davantage le fossé qui sépare gouvernants et gouvernés, d'où la désaffection et le manque de confiance dans la classe politique. Cette dernière tente inlassablement de renouer le contact avec la société malgré des résultats mitigés. Les locales qui s'annoncent dans quelques semaines seront-elles une nouvelle preuve de la persistance de ce divorce'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed MESBAH
Source : www.lexpressiondz.com