Survie - Il est vrai que le ksar de Ouargla vit toujours mais difficilement. Très difficilement même.
Les frères Bouhdjar nous ont conviés à visiter leur ksar, notamment le quartier où ils ont grandi et vécu avant de s'installer hors de leur ksar. Nous avons sillonné les ruelles étroites, climatisées naturellement, sous les rayons du soleil plus ou moins brûlant, alors qu'il neigeait au même moment dans certaines localités du nord du pays.
Marquant de longues haltes devant certaines bâtisses en ruine, dans ce bloc homogène, nous sommes impressionnés devant un patrimoine et ce vestige qui tient à son caractère historique et urbanistique où ont grandi et joué nos deux guides dans leur enfance. Nous arrivons à la maison familiale de nos guides.
Bien fermée, la porte s'ouvre difficilement, pour donner sur un petit hall carré ou «ammisidar» (patio) où se trouve une petite ouverture au coin, certainement pour l'évacuation de la fumée. Cet espace servait aussi pour le métier à tisser et le filage de la laine. Des photos de famille sont accrochées au-dessus des portes et même celles d'un notable qui a beaucoup fait pour le ksar. En outre, un petit biblo souvenir, accroché à l'entrée où est écrit : «Souvenir de Tipaza». «C'est un souvenir ramené en guise de cadeau pour notre mère par l'un de mes enfants quand il avait vu pour la 1re fois le Nord, lors d'une colonie de vacances à Tipaza», nous a expliqué le père.
Outre les chambres d'hôtes, certaines maisons ont des puits, au milieu du patio, utilisés pour la consommation ou l'évacuation de l'eau, selon un expert. On y trouve 3 chambres dont l'une réservée au stockage des provisions et des réserves (de dattes, orge, blé...), une cuisine et 2 toilettes dont l'une avec une fosse septique condamnée, après avoir ouvert des toilettes turques, grâce aux travaux d'assainissement et d'acheminement d'eau potable, engagés par leur commune.
«Ce qui nous manque, c'est seulement le gaz de ville», nous dit l'un d'eux. La mère de nos hôtes est âgée de 94 ans. Elle vit à tour de rôle chez ses enfants, tous mariés. Nous passons au premier étage, «la terrasse» à travers des escaliers pleins de poussière et de grains de sable, signe d'un lieu déserté depuis quand même quelque temps. Une ouverture donne directement sur le patio, à l'instar de toutes les maisons du ksar, permettant de recevoir la lumière toute la journée et de voir les étoiles, la nuit.
Cette terrasse, dont les murs menacent ruine est partiellement fissurée. «C'est à cause d'un locataire que nos murs sont dans cet état, il n'en a pas pris soin. En plus des eaux montantes», nous a dit l'un des frères. Certaines terrasses ont également des espaces aménagés en «étables» pour leurs animaux (chèvres, volaille, pigeons...). Cet espace sert également de refuge durant les chaudes saisons estivales pour dormir à la belle étoile, même pour les hôtes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S L
Source : www.infosoir.com