Assurance - «L'Etat trouvera une solution pour les habitants dans le cadre du logement social locatif. Les familles non recensées en 2007, seront introduites dans le logement social».
Dans le cadre de la Résorption de l'habitat précaire (RHP), 60 familles ont été recasées mercredi dernier au douar dit Bendoumi, dans la commune de Fouka à l'Est du chef-lieu de la wilaya de Tipaza. Ces familles, selon le chef de la daïra de Fouka, ont été recensées en 2007.
«Un autre programme de 100 logements, sera dédié aux familles restantes, considérées comme des cas sociaux, mais sur la base d'une enquête bien approfondie car certaines familles ont été exclues de la liste car il s'est avéré, grâce au fichier national, qu'elles avaient déjà bénéficié d'une formule de logement dans d'autres wilayas», nous a-t-il déclaré. Estimant que le nombre d'habitats précaires au niveau de sa daïra est de 854 recensés en 2007, un chiffre revu à la hausse depuis, la même responsable a tenu à clarifier que «les familles non recensées entreront dans la formule du logement social, après une enquête et la sortie d'une commission sur terrain. Ce terrain doit être libéré tôt ou tard, car il a été alloué pour la réalisation d'un siège de sûreté urbaine et de logements de fonction». Le président de la commune de Fouka, Mohamed Belaïdi, a affirmé que cette double opération se déroule dans de bonnes conditions assurant que d'autres logements sont en cours de construction, dont 100 unités sont à 80 % de leur réalisation. Il a tenu à rassurer cependant que les constructions actuelles ne seront pas démolies dans l'immédiat, «l'Etat trouvera une solution pour les habitants dans le cadre du logement social locatif. Les familles non recensées en 2007, seront introduites dans le logement social», nous a-t-il déclaré. A en croire les chiffres avancés par les occupants du douar Bendoumi, il existerait encore 70 autres familles en attente de relogement. Selon le chargé de communication du Cabinet de la wilaya de Tipaza, Youcef Yamnaine, rencontré sur place avec certains hauts responsables de la wilaya, dont le chef de cabinet, 16 000 logements précaires ont été dénombrés à l'échelle des 28 communes de la wilaya «dans le cadre de la recomposition du tissu urbain de la ville, des opérations de relogement et de démolition, suivront graduellement, pour lutter contre les constructions illicites et l'habitat précaire», nous a-t-il informé. Au sujet des gravats résultant des opérations de démolition de Fouka, M. Yemnaine a souligné qu'ils feront l'objet d'un transfert vers la décharge intercommunale de Douaouda.
Insatisfaction
Ce qui est à noter, c'est que même si certaines familles ont bénéficié d'un logement décent qui les met à l'abri des maladies, des intempéries..., elles disent qu'elles ne sont pas contentes soit par solidarité avec leurs voisins ou familles n'ayant pas encore bénéficié d'un logement ou tout simplement parce qu'elles estiment que leur nouveau F3 est trop étroit pour elles. «Comment voulez- vous que je quitte ce grand espace pour aller vivre dans un F3 '», nous dit l'un des bénéficiaires au moment même où des rats se déplaçaient en toute quiétude sous nos regards. Des rats qui se trouvaient sous les bâtisses illicites et qui ont, eux aussi, été obligés de quitter les lieux devant les tracteurs qui démolissaient les constructions des bénéficiaires. Un père de famille a refusé de quitter sa construction car il a bénéficié d'un F3, alors qu'il vit avec 16 personnes dont ses enfants et ses petits-enfants. Il aurait pu pourtant occuper le nouveau logement en attendant, vu que les responsables lui ont promis un autre logement dans le futur. Le même scénario, nous l'avons constaté, lors du recasement dans la wilaya d'Alger, de certains occupants de constructions illicites qu'ils avaient érigées dans les cimetières, et qui avaient trouvé beaucoup de défauts à leurs nouveaux logements réceptionnés avec leurs interphones et leurs baignoires. A croire qu'ils préféraient passer leurs soirées ramadanesques ou estivales, assis devant des tombes.
Elle se couvre avec du nylon le soir
Le recasement, qui a fait le bonheur «discret» des bénéficiaires qui ont franchi le seuil de leurs nouvelles demeures «avec des youyous et des Tahia Bouteflika », a fait couler beaucoup de larmes chez les non-bénéficiaires, dont cette veuve de Fouka, chassée avec son fils de 14 ans, par les enfants de son mari, une fois celui-ci décédé à Gouraya. Elle passe ses nuits dans une parcelle de 3 mètres sur 2, entourée de 3 plaques de zinc hautes de 2 mètres et un plafond transparent en nylon. Ou alors cette autre femme qui a éparpillé ses objets personnels dans plusieurs gourbis que les occupants ont accepté de lui cacher car elle passe la nuit ici et là avec son enfant. Il y a encore ce vieux qui ne cesse de pleurer avec son fils et sa belle-fille parce qu'ils n'ont pas eu un logement décent. «Maintenant je vois ce taudis comme une villa. Svp ,Svp dites-leur de ne pas le démolir. Nous n'avons pas où aller», nous disait la femme. «Je veux finir mes jours ici. Je n'ai pas où aller. Pourtant j'ai été recensé, quand j'étais chez moi au hay Ali-Ammari, dit Communal. La plupart des enfants de Bendoumi ont attrapé des maladies», nous dit son mari en pleurs. Un autre se contente de nous préciser : «Je n'ai rien à dire. Si je mérite ce logement. Je l'aurai.» Un couple marmonne, maussade : «Laissez-nous tranquilles. Nous avons des enfants malades. Nous n'avons rien à dire.» «Il ne faut pas leur en vouloir, Svp. Cette famille vit dans des conditions intolérables comme nous, voire pire que nous. Ils ont peur que leurs constructions soient démolies», explique un des voisins qui crie à la «hogra» et à «l'exclusion», alors qu'il est natif de la commune de Fouka, lui et la grande majorité des occupants de ce quartier illicite. «Nous sommes encore près de 70 familles non encore relogées. Où allons-nous partir ' aidez-nous Svp. Il faut relancer les enquêtes à notre sujet», intervient un jeune.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souad Labri
Source : www.infosoir.com