Contraste - Au lieu d'être à l'école, ils sont dans la rue, changeant d'emploi et d'employeurs. Ils travaillent dans des garages ou des restaurants.
Tipaza, ville de contrastes où malgré d'énormes ressources et le progrès toujours en marche, des milliers de marginaux souffrent du chômage, sacrifiés par un système économique qui les ignore. Cette réalité saute aux yeux. Le chômage est là, avec ses affres visibles à l''il nu. Mais que dire quand la majorité des chômeurs regroupe des mineurs de moins de 14 ans ' Une longue virée a permis de connaître le fond de ce fléau qui marque la jeune société : des adolescents travailleurs.
Ces travailleurs ne sont pas des saisonniers, plutôt des employés permanents. Mais, c'est la nature du travail qui n'est pas permanente. Ces mineurs, au lieu d'être à l'école, sont dans la rue, changeant d'emploi et d'employeurs. Ils vendent des cigarettes, des sacs en plastique, des vêtements, des légumes et un tas d'autres choses. Ils travaillent dans des garages ou des restaurants. Le problème majeur ne se pose pas au niveau du travail lui-même, mais au niveau des raisons qui poussent ces adolescents à travailler au lieu d'être à l'école. «Pourquoi les laisse-t-on travailler malgré leur jeune âge '», s'indignent certains qui qualifient cette pratique d'atteinte à la morale humaine et de crime. Yacine, 13 ans, travaille dans un restaurant du port de Bou Haroun, de 8 heures à 11 heures. Il est coursier, ensuite jusqu'à 13 heures il est plongeur, il lave toute la vaisselle.
Il sort à 16 heures pour reprendre à partir de 18 heures jusqu'à 23 heures. Une véritable exploitation. En rentrant chez lui, il a le droit d'emporter les restes et 2 ou 3 pains. Il se contente d'un misérable salaire de 9 000 DA par mois. Pourquoi Yacine travaille-t-il ' N'est-il pas un enfant comme les autres ' Lui aussi a droit à l'école, aux vacances et aux petites gâteries des parents.
Ce n'est qu'un petit garçon, il devrait rire aux éclats, courir et jouer au ballon comme tous les enfants de son âge. Ce garçon qui parle avec tant de sagesse et de responsabilité, nous avoue qu'après ses deux échecs en 4e année primaire, son père l'a obligé à arrêter ses études et lui a déniché ce travail. Ce parent, sans gêne aucune, nous explique que si chacun de ses enfants s'amusait à rater ses études, et continuait à vivre à ses dépens, il ne lui resterait plus qu'à aller mendier pour subvenir aux besoins de la famille composée de neuf membres.
«Et du moment qu'il mieux d'apprendre à assumer ses responsabilités», dit-il. Il nous avoue aussi que Yacine n'est pas le seul à travailler. Il a une fille de 15 ans qui travaille dans une boulangerie, cela fait presque une année, et ce, depuis qu'elle a échoué au BEM.
Et une autre de 11 ans et qui profite des vacances pour travailler en vendant des diouls que sa mère prépare à la maison. D'ailleurs, elle gagne bien, ce qui lui permet d'acheter des vêtements neufs pour la rentrée et des fournitures scolaires. «La cherté de la vie nous y oblige.» Il ignore complètement que faire travailler un enfant est un crime.
Un jour par semaine...
Farouk travaille comme des milliers d'autres enfants. Il va encore à l'école, mais il commence à s'en éloigner, pour aider sa famille sur le plan financier. Cadet d'une famille de trois enfants, Farouk a un grand frère et une petite s'ur qui vont aussi à l'école. Lui aussi va en classe, mais un jour par semaine, il quitte les bancs de l'école pour travailler au marché de Bou Ismaïl comme un adulte. Ses parents ne travaillent pas. «Seul son père perçoit une minable pension d'accident du travail, mais qui n'est pas suffisante pour payer l'intégralité des frais de scolarité de ses trois enfants.».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R K
Source : www.infosoir.com