Tindouf - A la une

Une enfance confisquée



Une enfance confisquée
Frustration n Les enfants sahraouis ne disposent que du strict nécessaire, sachant que les aides venant des pays «amis» de la RASD font de plus en plus rares.
Hormis l'école gratuite qui est «un droit pour tout citoyen sahraoui», ces enfants nés de parents ayant vu le jour, eux aussi, dans les camps de réfugiés, mènent une vie différente de celle des autres. De ce côté du désert algérien où les conditions de vie sont difficiles, l'enfant sahraoui se voit souvent dans l'incapacité de pouvoir trouver des réponses à tous ses questionnements.
N'ayant connu que la tente, ou la baraque en parpaing, l'absence de lieux de loisirs et de bien d'autres choses, cet enfant a surtout envie de «grandir» mais ailleurs que dans cet enfer des camps et de l'exil forcé. «J'ai envie d'avoir vingt ans aujourd'hui avant demain.
Mais j'ai envie de fêter mon prochain anniversaire dans ma ville natale, El-Ayoune», affirme Telli Saïd Deddi âgée de 16 ans (voir photo). A l'entendre parler de son vécu, on comprend tout de suite que c'est toute son enfance qui lui est confisquée. «Nos journées sont pareilles. En période de vacances, quand on n'est plus à l'école, les journées sont longues ici. Entre la tente, le magasin de l'alimentation générale et une petite virée chez les copines, c'est l'errance totale», a-t-elle ajouté avant d'être interrompue par son ami Abdeslam, âgé, lui aussi, de 16 ans.
«Vivre dans ces conditions n'est pas du tout facile. Vous pouvez constater de visu que c'est semblable à un enfer. Pour pouvoir survivre, nous dépendons des autres.
Et pourtant, nous avons notre patrie. Cette patrie dispose de ses propres ressources. Ici dans les camps, il nous arrive tout le temps d'oublier que nous sommes des enfants», poursuit-il. Les propos des deux enfants sahraouis que nous avons rencontrés dans les camps de réfugiés de Tindouf au cours du très chaud mois de juin, résument, on ne peut mieux, une situation dramatique. Une situation sur laquelle s'attarde le président de l'Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), Abdeslam Omar Lahcen, et qu'il qualifie de «désastreuse». «Il n'est pas difficile d'imaginer un vécu au milieu de ces étendues perdues de sable et de caillasse. Si des personnes d'un certain âge n'arrivent plus à tenir dans ces conditions insupportables, alors que devons-nous dire des enfants. Ceux et celles qui se sont rendus de ce côté de la Terre l'ont à maintes fois relevé. Anémie, malnutrition, retard de croissance et un taux effarant de la mortalité infantile. Voilà en quoi se résume la situation du vécu de l'enfant sahraoui. Une situation qui ne cesse de se dégrader particulièrement depuis que les aides humanitaires sont en nette régression en raison de la crise économique», a-t-il déploré.
Et ce n'est pas tout : si le Conseil marocain des droits de l'homme a reconnu enfin la disparition de 14 enfants sahraouis, le président de l'AFAPREDESA, parle lui, de 21 cas de disparition d'enfants sans parler du nombre imprécis des victimes des mines antipersonnel. Abdeslam Omar Lahcen lance un appel pressant à l'Unicef pour «plus de présence s'agissant du dossier des enfants sahraouis», qu'ils soient dans les camps de réfugiés ou dans les territoires occupés.
F. H.
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