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Tindouf : sept jeunes artistes dans le désarroi



Tindouf : sept jeunes artistes dans le désarroi
Au sein de l'association, le groupe Lemlaheb est marginalisé et quand il veut adhérer à la Maison de jeunes d'En Nahda, il essuie un refus sous prétexte qu'il y a déjà trois groupes qui y activent.
«On veut créer notre propre association, avoir notre local à nous, notre sono', notre indépendance», c'est le cri du c'ur des «Lemlaheb», un groupe de 7 jeunes artistes ' 19 à 21 ans ' qui se trouve balloté au gré des humeurs des adultes censés l'épauler. «Notre groupe chante, dans le style «ghiwane», le vécu quotidien pour dénoncer les maux sociaux», explique Belkhiri Boudjemaa (mandoline) qui, avec Boudali Mohamed (toumba), tous deux lycéens, et Kihal Kamel (guembri) ont partagé leur passion pour mettre sur pied, en 2009, ce groupe qu'ils ont dénommé «Lemlaheb» (Les flammèches) en référence aux paroles incisives de leurs chansons. Ils seront rejoints par Faïz Mehidi (batteur) et Boubakeur Djandar (tariste) et ensuite par deux autres. «Nous avons cotisé petit à petit pour acheter notre matériel», précise Boudjemaa. Une batterie à 6,5 millions de cts, une mandole à 5,5 millions et une tenue pour plus de 3 millions. «On est en train de cotiser pour la sono mais c'est trop cher et on risque de ne pas y parvenir», ajoute-t-il.
Ne se sentant pas de taille (leur jeune âge) pour s'auto-suffire, le groupe intègre l'association El Mouggar, domiciliée à la Maison de jeunes Bastami Redouane, «pour disposer au moins d'un lieu pour les répétitions». Il se trouve que certaines personnes ont tiré profit de ce groupe que seule la passion et le désir de s'imposer sur la scène publique intéressaient. «On animait des cérémonies de mariage et celui qui nous donnait la sono et la batterie prenait l'argent en contrepartie», affirme Boudjemaa. En juillet 2011, ce dernier en duo avec Kamel (mandole et guembri) décroche la 2ème place du festival du «Aazf» à Bordj Bou-Arreridj. «Une cérémonie a été par la suite organisée à En Nahda mais on n'a pas remis de prix au groupe».
Toujours en 2011, le groupe représente la wilaya dans un festival de la musique «Asri». Le groupe s'était déjà distingué au niveau local en remportant la 1ère place lors de la manifestation «Iktichaf El mawahib» en 2010. Il décroche encore la 1ère place aux deux éditions du «Festival Echouar 2011» et février 2012. Au sein de l'association, le groupe est marginalisé et quand il veut adhérer à la Maison de jeunes d'En Nahda, il essuie un refus sous prétexte qu'il y a déjà trois groupes qui y activent. Retour à la maison de jeunes Bastami Redouane et, là, le groupe ne peut pas disposer de sa propre salle. «On doit attendre qu'une salle soit libre, au-delà de 20 heures, pour répéter. Notre propre matériel, qu'on est obligé de laisser dans le magasin, est souvent détérioré et quand il y de la casse, on est toujours accusés», se plaignent ces jeunes artistes prometteurs. Ce qui les chagrine encore beaucoup plus, c'est le fait que d'autres groupes, dont l'un est plus jeune et moins ancien qu'eux, disposent de leur propre salle.
«Lemlaheb», qui ont demandé à animer gratuitement des soirées de Ramadhan, n'ont été sollicités qu'une seule fois en 2010. Le groupe n'a jamais fait partie des délégations représentant la wilaya lors des échanges culturels inter-wilaya. Autant de désagréments qui ont poussé ces jeunes à vouloir créer, au début de cette année, leur propre association. Mais, là aussi, ils se heurtent à la muraille administrative. «Quand on a voulu déposer notre dossier, on nous a dit de trouver une personne plus âgée que nous pour gérer l'association», explique Belkhiri en ajoutant qu'on les a orientés vers l'APC pour tenter leur chance. «Mais à plusieurs reprises, on n'a pas trouvé le responsable en question», affirme-t-il. «Que faire '», lance, avec désarroi, le représentant des «Lemlaheb».


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