Deux particularités caractérisent ce nouveau festival dédié à l'opérette : il est né à Tindouf, d'une part, et, d'autre part, il est consacré à l'opérette, un genre dévoyé et malencontreusement confondu, en notre pays, avec les grandiloquentes «malhamate» (épopées).Depuis hier, un nouveau festival universitaire a vu le jour. Deux particularités le caractérisent : il est né à Tindouf, d'une part, et, d'autre part, il est consacré à l'opérette, un genre dévoyé et malencontreusement confondu, en notre pays, avec les grandiloquentes «malhamates» (épopées). Ce festival, comme genre de théâtre musical, est dédié à l'émerveillement, la fantaisie, l'humour, l'amour, etc., alors que les «malhamates» cultivent la componction et le discours.
Le nouveau-né saura-t-il faire retrouver à ce genre sa place selon les canons qu'il possède universellement et lui renouer une filiation avec Othmane en Chine, la première opérette du théâtre algérien et maghrébin créée en 1954 ' Il est trop tôt pour répondre à cette question. Mais n'est-ce pas le théâtre universitaire aux USA qui est à l'avant-garde du théâtre américain et qui lui sert de référence '
Pourquoi pas en notre pays ' Toujours est-il que l'ouverture officielle de cette première édition dédiée à Mohamed Boulifa, sous le thème de l'étudiant auteur de beauté, s'est déroulée sous des auspices prometteurs en la salle de la Maison de la culture après un défilé en ville des troupes estudiantines participantes. Le style pompeux et empesé des ouvertures officielles n'était pas de mise.
Les discours sont venus après. La primauté a été donnée à l'art, avec un spectacle concocté par l'homme de théâtre, Bella Boumediène. Sans grande prétention, éloignant l'artifice du clinquant, la mise en scène très inspirée a su surtout mettre de l'émotion sur scène, hors de la parole, laissant place au visuel, jouant de la symbolique, à l'aide de couleurs, du bruitage et de la musique.
C'est une ode au Sahara du Sud-Ouest, à ses arts, ses habitants et ses majestueuses immensités. Les discours des officiels sont brefs, allant à l'essentiel, à l'instar de celui du wali, dont le soutien et la contribution à la naissance de la manifestation ont été salués par le directeur de l'ONOU, la cheville ouvrière du festival. Le P/APW a surpris les festivaliers en parlant du théâtre en connaisseur.
Pour le reste, les déambulations en ville de Hakim Dekkar et Abdelhak Benmaârouf, vedettes à l'écran et sur scène, ont ravi les habitants comme les festivaliers. Les selfies avec l'un ou l'autre n'ont pas cessé. Ils sont invités en tant que membres du jury présidé par Hamida Aït Hadj, metteur en scène. A leurs côtés, il y a Hamza Djaballah (scénographe) et Bouattou Kheira (universitaire spécialité théâtre). Pour l'encadrement des ateliers, il y a Asma Bouattou, Saïd Nasr Selim, Habib Boukhelifa et l'auteur de ces lignes, tous intervenant à titre gracieux.
Il y a lieu de signaler que les troupes participantes sont des universités et centre universitaires des villes de l'intérieur : Sétif, Adrar, El Oued, Ouargla, Naâma, El Bayadh et Tindouf. On ne peut évoquer le théâtre universitaire sans rappeler la mémoire de Mustapha Kateb qui, dans sa tombe, doit se retourner, mais de plaisir, lui qui a initié l'art dramatique au sein de l'université algérienne au début des années 1970, lors de sa traversée du désert, après sa mise à l'écart de la gestion du Théâtre national.
Ce sont ses étudiants, aujourd'hui enseignants et cadres du secteur universitaire, ainsi que les élèves de ces derniers, qui ont institué un théâtre universitaire sur d'autres bases que le théâtre des étudiants, celui des années 1970/1980 et qui se situait alors hors du cadre universitaire. Ils l'ont doté d'un festival itinérant pris en charge dans le cadre des ?uvres universitaires puis d'autres spécialisés dans des genres théâtraux et rattachés chacun à une université ou à un centre universitaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Kali
Source : www.elwatan.com