
La visite du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU) au Maghreb a pris fin avec un effet majeur qui consiste non seulement à reconnaître le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, mais interpeller avec force la communauté internationale. Pas d'annonce en attendant son rapport devant le Conseil de sécurité à la fin du mois prochain, mais beaucoup de messages en plus de ceux adressés au peuple sahraoui. Son message est adressé aux membres du Conseil de sécurité, cette instance de l'ONU qui a le pouvoir d'imposer la paix quitte à recourir à la force conformément au chapitre 7 de la Charte de l'ONU.C'est ainsi que Ban Ki-moon a déclaré que «la résolution de la question du Sahara occidental a beaucoup tardé» et que «la communauté internationale a longtemps négligé ce conflit avant que je nomme des personnes d'une certaine expérience pour s'occuper de ce dossier». Il a regretté le fait que la communauté internationale «focalise toute son attention sur les questions et les conflits qui font les unes des médias, alors qu'il y a des millions de personnes qui souffrent en silence», en référence notamment au peuple sahraoui.Ou encore avait-il souligné dans les camps de réfugiés sahraouis, c'est une «tragédie oubliée par la communauté internationale», ajoutant que «les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf sont les plus anciens au monde». M. Ban s'est, en quelque sorte, attaqué à ce système. Peut-on réellement parler d'oubli jusqu'à la création d'un cercle des amis du Sahara occidental, regroupant les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Russie 'Très certainement pas, comme l'avait si bien souligné l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, en rappelant en 2012 que le conflit du Sahara occidental ne fait pas partie des crises urgentes. L'oubli est cette fois bien volontaire avec cette espèce de classification subjective, bien entendu. Ou encore ce que ne rapportent pas les résolutions onusiennes, c'est que celles-ci et dans ce cas précis sont adoptées par consensus et les formes d'opposition ne sont pas rapportées et donc identifiées.A vrai dire, l'ONU a entre les mains tous les arguments pour imposer l'application d'un processus que pas la moindre partie en son sein ne cherche à remettre en cause. Et c'est ce qui a été envisagé par Ban Ki-moon dans son rapport en date du 10 avril 2014, faisant observer que «s'il n'y a aucun progrès avant avril 2015, le moment sera venu d'inviter les membres du Conseil à examiner complètement le cadre qu'il a fixé en avril 2007 pour le processus de négociation».Ce qui a redonné de l'espoir aux Sahraouis. Un tel projet a suscité un grand intérêt, notamment de l'ancien conseiller juridique de l'ONU, le Suédois Hans Corell, qui considérait, en mars 2015, que «le Conseil de sécurité risque de devenir inefficace dans l'accomplissement de son mandat» et dans ce cas-là, il doit «agir avec autorité, détermination et, en conséquence, en conformité avec le droit». Et par conséquent, «examiner les options les plus radicales que celles appliquées précédemment». C'est exactement ce que pensent les dirigeants sahraouis en soulignant que la visite de Ban Ki-moon dans les camps de réfugiés amènera le Conseil de sécurité à reconsidérer la question sahraouie, et que «la vision stratégique future sera en faveur de cette cause».D'où alors cette question qui revient depuis 2014 sur la position qu'adoptera cette instance. Une première fois en avril 2015, elle s'était contentée de prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), donc une réunion ordinaire comme il s'en tient depuis 1991. Ban Ki-moon sera-t-il entendu '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com