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Rabouni : Quatre scénarios pour une prise d'otages 7 jours : les autres articles



Rabouni : Quatre scénarios pour une prise d'otages                                    7 jours : les autres articles
Après le rapt des trois Européens, deux coopérants espagnols et une Italienne, dimanche à Rabouni, près de Tindouf, des questions restent posées sur la façon dont les preneurs d'otages ont pu opérer dans une zone réputée surveillée. Explications.
- Comment est-il possible de kidnapper des humanitaires dans une zone aussi surveillée '
«Contrairement à ce qu'on croit, la zone n'est pas très surveillée, explique un humanitaire habitué des lieux. Tindouf, ville de garnison, est quasi interdite aux étrangers mais 20 km séparent tout de même Tindouf du premier camp. Dans ces camps, il n'y a ni gendarmes ni militaires. Il n'existe que deux barrages, le premier de la police sahraouie et le second de l'armée algérienne sur les routes d'accès aux camps.» En arrivant côté désert, les preneurs d'otages n'ont pas été inquiétés. Ils sont donc, d'après des témoins, entrés en voiture dans le patio, ont tiré en l'air et, après des échanges de coups de feu avec les gardes sahraouis, seraient repartis par le même chemin.
- Pourquoi personne n'est intervenu lors de l'enlèvement '
Parce que le rapt a eu lieu à Rabouni. Or, Rabouni n'est pas un camp mais un centre administratif «relativement vide le soir venu, puisque les Sahraouis, qui travaillent dans les différents ministères, rentrent dans les camps une fois la journée terminée», précise l'humanitaire. Par ailleurs, le protocole ' bâtiment rudimentaire en briques où sont logés les humanitaires ' est excentré près de l'hôpital. «Dans les camps, où les protocoles sont situés en plein milieu, il aurait été impossible pour les terroristes d'arriver jusqu'aux humanitaires sans être vus. Ils n'auraient, en tout cas, pas pu en sortir.»
- Pourquoi personne n'a pu les rattraper '
Le temps que l'armée du Polisario parte sur leurs traces, ils avaient déjà sans doute passé la frontière avec la Mauritanie. «Car on n'est qu'à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec la Mauritanie et à 150 km environ de celle avec le Mali, poursuit l'humanitaire. La Mauritanie ne dispose pas des mêmes moyens que l'Algérie et il est facile de rejoindre ces zones de non-droit.»
- Les preneurs d'otages avaient-ils des complices à l'intérieur '
Impossible de le dire pour l'instant. «S'ils étaient entrés dans les camps, ils auraient eu besoin de complicité, mais à Rabouni, ce n'était pas nécessaire», relève un connaisseur de la zone. Mais ils savaient très bien par où passer pour ne pas rencontrer de policiers ni de militaires et où aller pour trouver de manière certaine des humanitaires ' le protocole de Rabouni est un point de chute pour ceux qui arrivent d'Alger trois fois par semaine. «D'autre part, si de juillet à septembre, il n'y a quasiment aucun étranger, la période d'octobre à février est celle qui reçoit le plus d'humanitaires, nous explique-t-on. Les grosses chaleurs sont terminées et les programmes ont besoin d'être relancés.»
- Les humanitaires vont-ils être rapatriés '
En plus des mesures de sécurité renforcées sur place, les organisations dont les sièges se trouvent en Europe pourraient suspendre ou reporter les missions. Qu'en est-il du danger réel sur place ' «Il est passé ! constate un humanitaire. Quoi qu'il en soit, nous ne l'avions pas vu venir. Dans les camps sahraouis, nous sommes tellement bien entourés que nous nous sentons plus en sécurité que dans n'importe quel autre camp dans le monde. Ce qui est arrivé aurait pu arriver n'importe où.»
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