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Les Sahraouis interpellent l'Espagne et la France



Les Sahraouis interpellent l'Espagne et la France
C ela fait 40 ans que le Maroc a envahi le Sahara occidental avec la complicité de l'Espagne, ancienne puissance occupante qui, trop occupée à gérer la fin de règne du dictateur Franco, cède les territoires sahraouis aux Marocains et un temps aux Mauritaniens.Mais les velléités expansionnistes de Hassan II ont fini par l'emporter sur le reste et son pays demeure le seul occupant des territoires durant les quatre dernières décades.C'est pour commémorer le quarantième anniversaire des Accords de Madrid et de l'occupation du Sahara occidental que les comités européens de soutien au peuple sahraoui organisent, depuis hier, une conférence internationale à Madrid. Une occasion de rappeler au gouvernement espagnol «qu'il doit payer une dette envers le peuple sahraoui pacifiste qui a été vendu à l'occupant marocain», a rappelé, jeudi, Mohamed Abdelaziz lors d'une conférence de presse animée à Madrid.Le président sahraoui appelle d'ailleurs les puissances occidentales, notamment la France et l'Espagne, à «faire pression sur le royaume du Maroc» afin de le pousser à accepter le principe d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental.Pour Mohamed Abdelaziz, le Maroc a désormais dépassé le seul fait de se confronter aux Sahraouis. «Le Maroc n'est pas uniquement en conflit avec les Sahraouis.Il se met désormais en confrontation avec la communauté internationale en refusant de se conformer à un principe cardinal des Nations unies, à savoir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.» Plus que cela, le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) estime que le royaume du Maroc est «un danger pour la stabilité de la sécurité de la région».Il en donne pour preuve le fait que le pays du roi Mohammed VI «encourage le trafic de drogue, la contrebande et le terrorisme dans la région». Des pratiques qui «menacent la région», ajoute-t-il.Parmi les pratiques que le chef du Polisario semble ne pas agréer, la visite effectuée récemment par le souverain marocain à Laâyoune, dans les territoires occupés, perçue comme «une provocation». Mohamed Abdelaziz a d'ailleurs révélé que les autorités marocaines ont fait venir des «milliers de Marocains» de plusieurs régions de leur pays pour faire croire à une mobilisation autour du souverain.Pratiques dangereusesA cela, l'orateur adjoint le refus des autorités marocaines de laisser l'envoyé spécial des Nations unies, Christopher Ross, se rendre dans les territoires sahraouis sous domination marocaine. Une attitude «contraire au droit international», indique M. Abdelaziz.Même si le peuple sahraoui a résisté durant 40 ans à l'occupation marocaine, il reste attaché à la solution pacifique. «Le droit international nous donne la possibilité de nous défendre, y compris par les armes. Mais tant que les Nations unies reconnaissent notre droit à un référendum d'autodétermination, nous restons attachés à cette option de paix.Cela ne veut pas dire que nous avons définitivement abandonné l'option armée», insiste le dirigeant du Polisario. Interrogé par El Watan sur les assertions du souverain marocain à propos des réfugiés de Tindouf, Mohamed Abdelaziz a estimé que «ces déclarations sont méprisables et ne sont crues par personne». «Les otages se trouvent plutôt dans les territoires occupés.C'est là-bas que des Sahraouis sont privés de leurs droits les plus élémentaires», accuse-t-il. «Des organisations non gouvernementales spécialisées dans la défense des droits de l'homme et dans le travail humanitaire sont présentes dans les camps des réfugiés de Tindouf. Elles peuvent témoigner de la liberté dont jouissent les Sahraouis et la démocratie qui y règne.Et l'Algérie n'a fait qu'accueillir des réfugiés qui ont fui la répression», s'est-il indigné. En plus de plusieurs conférences et ateliers qui seront animés par des personnalités sahraouies et autres invités, les activités de ce quarantenaire seront marquées par une manifestation qui va être organisée, aujourd'hui, dans les rues de Madrid dans le but d'interpeller une nouvelle fois les autorités espagnoles sur leur responsabilité dans la situation que vivent les Sahraouis.


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