Tindouf - A la une

Les compétences nationales dénigrées



Discrimination. - L'attribution des marchés publics aux étrangers reste énigmatique. C'est la raison pour laquelle des ingénieurs et des architectes affichent aujourd'hui leur mécontentement.
«Dans le monde entier on recourt à des compétences étrangères. Cela pour dire que tous les pays cherchent les compétences qu'il faut pour réaliser leurs gros projets d'art, seulement cela ne doit pas se faire au détriment des entreprises nationales», nous confie le directeur général de la Société algérienne des grandes constructions (SAGC), société privée qui a vu le jour en 2002. Malheureusement, poursuit-il, ce qui se passe en Algérie c'est qu'on attribue des projets à des firmes étrangères alors que nos ingénieurs sont capables de relever le défi. «Les compétences algériennes existent», a-t-il réitéré. Mahieddine Aoun, architecte et directeur d'une société spécialisée dans les nouveaux produits d'aluminium pour la sécurité routière, n'a pas longtemps cherché ses mots pour exprimer sa peine : «Je pense que c'est un problème qui touche tous les secteurs économiques. Dernièrement à l'hôtel Mazafran à Tipasa, le ministre de l'Habitat a fait en sorte de convaincre l'assistance que la priorité doit être accordée désormais aux entreprises nationales, mais quelques jours après, nous avons été surpris par la signature de plusieurs contrats avec les entreprises espagnoles dans le domaine du bâtiment.» Interrogé sur la qualité des constructions assurée par les entreprises algériennes de réalisations publiques et privées dans le BTP, le DG de l'organisme de contrôle technique, M. Louahdi, nous a confié : «Nous sommes très souvent confrontés à des situations délicates, où nous relevons, lors d'un contrôle, beaucoup de défaillances en matière de fabrication. Nombre d'entreprises, qui ont failli à leur mission, ont été écartées par nos services.» M. Louahdi a également insisté sur l'encadrement technique avec la mise en place de certaines mesures notamment, l'installation de l'ingeneering, l'élaboration d'une étude d'exécution pour chaque projet et enfin la réalisation d'un laboratoire de contrôle permettant à l'entreprise d'assurer elle-même le contrôle. Maintenant la question qui se pose est de savoir ce qui grince dans les investissements publics ' Cette question semble préoccuper nos responsables. D'ailleurs, Amar Ghoul a révélé dernièrement, lors d'une conférence de presse organisée en marge du Salon international des travaux publics qui s'est tenu à la Safex du 21 au 25 novembre, que la nouvelle rocade, d'une longueur de 1 300 km pour les Hauts-Plateaux et qui sera lancée en 2013, va être réalisée par des entreprises nationales. «Actuellement nos entreprises publiques sont capables de réaliser un viaduc d'un kilomètre en quatre mois, alors qu'avant nous réalisions un viaduc de 50 mètres en 12 ans», a affirmé le ministre. Rappelons que selon le bilan dressé par le ministre pour le restant du mandat du Président Bouteflika deux grands projets pour le Sud et les Hauts-Plateaux sont au programme. 10 000 km d'autoroutes sont en train d'être réalisés pour les régions du sud du pays. L'Etat a décidé de construire des routes tout au long de la bande frontalière entre l'Algérie et ses voisins. Parmi les projets en cours de réalisation dans cette zone, la voie express reliant Tindouf à Adrar sur plus de 700 km et la route reliant El-Bayadh à Bordj Badji-Mokhtar. Ainsi avec ces deux projets, le réseau des autoroutes en Algérie dépassera 8 000 km à l'horizon 2015.
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