Le général de corps d'armée, Gaïd Salah lors d'une inspectionLe rapport de force en matière d'armement militaire entre Rabat et Alger a indéniablement basculé en faveur de l'Algérie.«Mieux vaut prévenir que guérir.» C'est la devise que l'Armée nationale populaire a fait sienne pour assurer la défense du pays. «Garantir la sécurité et la stabilité de l'Algérie et préserver son indépendance et l'intégrité de son territoire national, représentent le fond même des nobles missions constitutionnelles que l'ANP, digne héritière de l'ALN, se doit d'honorer, s'appuyant sur l'aide d'Allah le Tout-Puissant...», avait déclaré, le 24 mars 2015, le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale.La vigilance est devenue une constante. Elle est d'autant plus exacerbée à partir du moment où l'on est vacciné contre le fléau terroriste que l'on a combattu sans relâche plus d'une décennie durant et que l'on continue à pourchasser jusque dans ses derniers retranchements. Un danger décuplé par cette ceinture de feu qui entoure l'Algérie à ses frontières. Les conflits libyen et malien, l'instabilité en Tunisie, les quintaux de drogue qui inondent les villes algériennes en provenance du Maroc doublés d'une menace réelle de reprise des armes au Sahara occidental occupé depuis 1975 par le royaume, contribuent à mettre le Maghreb sur une poudrière.Une conjoncture que le Maroc a tenté d'exploiter pour fragiliser l'Algérie: prendre le dessus sur elle militairement tout en faisant une démonstration de force le long de la frontière que les deux pays ont en partage. En 2013 c'est un contrat militaire de 12 milliards de dollars avec les Etats-Unis qui avait été pompeusement claironné. «Le Maroc et les Etats-Unis ont conclu récemment un accord d'armement qui s'est soldé par un contrat d'une valeur de 12 milliards de dollars, ce qui représente 5,97% de la valeur du contrat global annoncé par le département de la Défense américain avec la compagnie Raytheon», spécialisée dans les systèmes d'armement, avait annoncé le quotidien arabophone marocain Al Massa. Le Maroc avait déjà dépensé la coquette somme de 3,1 milliards de dollars pour l'achat d'armes en 2011. Que cache cette tendance vorace à l'armement' Les intentions ne peuvent être que belliqueuses. Inutile donc de verser des larmes de crocodile ou de la justifier par un quelconque projet d'agression du royaume qui ne peut trouver d'existence que dans les esprits mal tournés. Les chiffres accréditent cette thèse. «De 13 milliards de dollars actuellement, les dépenses militaires de l'Algérie passeront à 16 milliards de dollars à l'horizon 2020! Trois milliards de dollars supplémentaires qui relancent la question: mais contre qui s'arme l'Algérie'» titrait un site marocain, le 360.ma, il y a près d'une année.L'Algérie s'arme pour se protéger. Elle n'a d'autre objectif que de dissuader toute velléité de bellicisme. Le Maroc l'a inscrite dans ses gènes. N'a t-il pas tiré le premier en 1963' A peine une année après l'indépendance, il avait tenté d'annexer les villes de Tindouf et de Béchar. Un rêve toujours caressé aujourd'hui. Le secrétaire général de l'Istiqlal, deuxième force politique du pays, a publiquement revendiqué ces territoires algériens. «La récupération de ces territoires (Tindouf, Béchar, Kenadsa... Ndlr) est une exigence du peuple marocain», avait déclaré Hamid Chabat (voir L'Expression du 29/06/2013). Ce qui ne peut se faire la fleur au fusil. L'Algérie a décidé de ne pas prêter le flanc. C'est assurée du bien-fondé de sa stratégie de défense de son intégrité territoriale qu'elle affiche sa suprématie militaire sur son voisin de l'Ouest.Selon la société américaine privée Stratfor, spécialisée dans le domaine du renseignement, le rapport de force en matière d'armement militaire entre Rabat et Alger s'est indéniablement inversé en faveur de l'Algérie. «L'Algérie a modifié l'équilibre des forces militaires dans la région, en particulier avec le Maroc...», ont fait constater les experts américains de Strategic Forecasting, Inc.«Traditionnellement au coude-à-coude avec le Maroc, l'Algérie a amorcé, au début des années 2000, une croissance exponentielle de son budget de défense... À tel point qu'elle est devenue le premier marché dans le domaine en Afrique, dépassant l'Afrique du Sud et devenant ainsi le premier pays du continent à dépasser le cap des 10 milliards de dollars de dépenses militaires en 2013», indique la même source citée par le quotidien électronique TSA.Depuis 2004, le budget consacré à la défense s'est accru de 176%. «L'Algérie consacre désormais environ 10,5 milliards de dollars annuellement à la Défense, soit trois fois plus que le voisin de l'Ouest», relèvent les rédacteurs du document qui soulignent que le Maroc «n'a plus les moyens de suivre». Ce qui explique son rapprochement avec les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour trouver des sources de financement afin de tenter de combler son retard dans le domaine militaire.L'Algérie s'est incontestablement imposée comme première puissance militaire dans la région. Le Maroc tire la langue.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com