L'Algérie a interpellé l'Union africaine (UA), lors de la 40e Conférence ordinaire de cette dernière, de mettre en place un mécanisme effectif pour mener une enquête en bonne et due forme dans les territoires du Sahara occidental, occupés par le Maroc. L'Algérie a rappelé à l'Union africaine que la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (Cadhp), a été installée pour mener des enquêtes et rédiger des rapports sur la situation des droits de l'homme en Afrique. Cette demande s'applique sur la situation des Sahraouis qui subissent la répression et un traitement aux antipodes des valeurs et la charte qui régissent le fonctionnement et la mission de l'Union africaine.Le Maroc qui vient d'être élu membre au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS), se voit dans l'obligation de respecter les engagements de l'UA à travers le CPS dont le rôle est d'asseoir le processus de paix et de sécurité dans le continent africain. Le Maroc sera face à ses contradictions,celle d'un pays colonisateur et chargé d'un instrument au sein de l'UA pour lutter et combattre les actes et les positions que dénonce cette dernière. L'Algérie a signalé cette attitude paradoxale lors du sommet de l'UA en soulignant que «Le Maroc qui, jusqu'à présent n'a pas accepté de tenir des négociations directes au sujet de la question sahraouie, sans conditions préalables et sans entraves comme décidé par le sommet du CPS, de mars 2021, se trouve, désormais, dans une position inconfortable qui le poussera à montrer ses véritables arrière-pensées», précise-t-on.
La diplomatie algérienne n'a pas cessé de rappeler les exactions des autorités marocaines dans les territoires sahraouis occupés. À ce propos, la délégation algérienne a indiqué que «la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara occidental est très préoccupante. Elle s'est particulièrement aggravée suite à la rupture brutale du cessez-le-feu, le 13 novembre 2020, par la puissance occupante marocaine qui a réprimé sauvagement des manifestants sahraouis qui exerçaient leur droit le plus élémentaire à la liberté d'expression et de manifestation pacifique et occupé militairement la zone démilitarisée de Guerguerat, en violation flagrante des accords militaires signés par les deux parties au conflit et endossés par le Conseil desécurité», souligne-t-on.
L'Algérie n'y est pas allée avec le dos de la cuillère pour accuser le Maroc d'être derrière le traitement inacceptable et qui porte une atteinte très grave dans le cadre du respect des droits de l'homme au Sahara occidental. Dans ce sens, la diplomatie algérienne a expliqué que «contrairement au Maroc qui s'obstine à refuser l'accès à la Cadhp parce qu'il a certainement des choses à cacher, l'Algérie a, de tout temps, pleinement coopéré avec toutes les instances régionales et internationales qui ont effectué, à plusieurs reprises, des missions dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, notamment la Cadhp et la Commission de l'Union africaine», affirme-t-on.
L'Algérie fait de sérieuses «pressions» au sein de l'UA pour faire accepter une commission d'enquête qui aura à se déplacer sur les lieux pour s'informer et rédiger un rapport sur la situation du peuple sahraoui qui subit les affres de l'occupation marocaine et ses conséquences sur sa vie quotidienne et ses droits élémentaires bafoués. La diplomatie algérienne semble faire de l'Union africaine un espace idoine pour démasquer les visées machiavéliques du Makhzen et ses alliés. L'approche algérienne est en train de gagner un nombre important de pays membres de l'UA. C'est ce qui va mettre le Maroc devant ses contradictions et face à ses mensonges et sa versatilité sur le plan diplomatique et politique à la fois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine NEFFAH
Source : www.lexpressiondz.com