Tindouf - A la une

«L'ONU a failli à sa mission au Sahara occidental» Le président sahraoui interpelle l'organisation onusienne sur la question des droits de l'Homme



«L'ONU a failli à sa mission au Sahara occidental» Le président sahraoui interpelle l'organisation onusienne sur la question des droits de l'Homme
Par notre envoyée spéciale au camp des réfugiés sahraouis à Tindouf
Karima Mokrani

Le président sahraoui, Mohamed abdelaziz, a réitéré hier, lors d'une conférence de presse tenue au siège du palais résidentiel, l'intention du Front Polisario, soutenu par tout le peuple «uni», de reprendre la lutte armée au cas où les démarches politiques n'aboutissent pas à une décision concrète d'organiser un référendum d'autodétermination. Une mission confiée à l'ONU et qui, malheureusement, tarde à donner ses fruits. C'est même un échec non déclaré, chose que regrettent le peuple et le président sahraouis. «L'ONU a failli à sa mission. Non seulement elle ne s'occupe pas de l'organisation de ce référendum d'autodétermination mais, également, ne s'intéresse nullement à la question des droits de l'Homme, bafoués dans les territoires occupés».
C'est sur ce deuxième point que le président sahraoui interpelle, en premier lieu, les Nations unies: «Nous lançons un appel pressant à l'ONU et à toute la communauté internationale pour suivre de près ce qui se passe dans les territoires sahraouis occupés. Nous leur demandons de protéger les citoyens sahraouis.» Protection des citoyens sahraouis et organisation du référendum d'autodétermination. Si l'échec est officiellement déclaré, ce sera la reprise de la lutte armée, seule alternative, selon les propres dires du citoyen sahraoui, pour libérer sa terre. «Si l'ONU ne réussit pas à organiser ce référendum, ce sera à nous de l'imposer. Ce sera fait avec le fusil. C'est vrai que ce n'est pas chose facile mais nous n'avons d'autre choix que de recourir à la lutte armée. C'est seulement de cette manière là que nous pourrions libérer notre terre», a affirmé le président sahraoui, également secrétaire général du Polisario. Un autre appel est lancé à l'adresse du palais royal, accusé justement d'être derrière ces atteintes aux droits de l'Homme dans les territoires occupés: «Je profite de cette rencontre avec la presse pour lancer un appel au palais royal. Je lui demande d'arrêter ses discours racistes et chauvinistes pour éviter une tuerie dans les territoires occupés.» Un autre appel aux citoyens sahraouis pour faire montre de sagesse et ne pas répondre aux provocations: «Je salue l'engagement des Sahraouis pour défendre leur terre et leur détermination à aller au bout de leurs revendications, mais je recommande la sagesse. Je suis pour les manifestations pacifiques où il y a l'unité et l'harmonie mais pas d'animosité et d'affrontements avec nos frères marocains. S'il y a provocation, il ne faut pas répondre, sinon de manière pacifique.» Concernant les dernières déclarations d'un parti politique marocain, accusant l'Algérie d'être derrière les dernières manifestations dans les territoires occupés et appelant à déclarer la guerre contre notre pays, le président sahraoui a répondu, sur un ton ferme, que «l'Algérie n'a rien à voir avec ces manifestations. Chaque fois que le Maroc se sent déstabilisé par notre détermination à poursuivre la lutte, il s'attaque à l'Algérie. Je ne comprends pas pourquoi réagit-il de la sorte' Pourquoi accuse-t-il chaque fois l'Algérie' C'est une position irresponsable et inacceptable. C'est vrai que l'Algérie est solidaire avec nous, et nous l'en remercions vivement, mais il est faux de dire qu'elle est derrière tout ce qui se passe dans les territoires occupés».
K. M.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)