Tindouf

L'échec est synonyme d'errance



L'échec est synonyme d'errance
Courage - Généralement, c'est à partir du lycée que les choses commencent à se compliquer pour les élèves sahraouis, partis poursuivre leurs études ailleurs.Les lacunes en français sont parfois la cause de l'échec scolaire, surtout pour ceux qui poursuivent leur scolarité en Algérie. De retour dans les camps, c'est le début d'un problème sans fin. Privés d'un diplôme leur permettant de s'épanouir, ailleurs que dans cette immense région du Hmamda, ceux, ayant raté leur cursus, rentrent, alors, dans les camps de réfugiés et se retrouvent dans une situation d'«errance».
L'échec scolaire est perçu comme une «condamnation»; celle d'être obligé «d'attendre sans rien faire pour que les choses changent». Une attente rythmée par des jours qui se succèdent mais surtout qui se ressemblent.
Des journées marquées par ce rituel cérémonial du thé, des sorties entre amis, par l'ouverture et la fermeture quotidiennes des enclos de chèvres, pour ceux qui en ont, et par les lumières de Tindouf qui scintillent au loin dès la tombée de la nuit, avec le vague espoir d'y aller le temps d'une soirée si par chance une voiture passe par là. Une espérance rythmée par le vide, qui s'impose en lieu et place des rêves d'indépendance qui semblent tellement loin, dans cet océan de dunes où l'horizon est désespérément cotonneux, pour ces jeunes qui ont échoué, ou presque réussi, on peut l'interpréter comme on voudra.
Les plus chanceux se reconvertissent dans les petits commerces. «Mon histoire avec l'échec scolaire est aussi compliqué que cela ne paraît. Si c'était à refaire, je ne serais jamais ici à attendre qu'un client vienne me demander une bouteille d'eau ou un kilogramme de sucre. Je suis ici, derrière ce comptoir, parce que j'ai, toujours, fait la sourde oreille aux recommandations de ma s'ur aînée qui n'a pas cessé de me rappeler de prendre très au sérieux mes études. Aujourd'hui, elle occupe un poste de conseillère dans un ministère, moi, en revanche, je n'en finis pas avec les regrets», reconnaît Abdellahi.
Au début, notre conversation ne portait que sur l'origine de l'eau minérale que nous venons de lui acheter, dans son magasin qui donne sur l'artère principale du camp du 27-Février.
Par la suite, il a insisté à ce que nous prenions un verre de thé avec lui. Ce que nous ne pouvions refuser. Après un moment d'hésitation, il affirme : «C'est grâce à l'argent que m'a prêté ma s'ur que j'ai pu ouvrir cette boutique.» «Au début, ma s'ur voulait me punir à sa manière pour ne pas l'avoir écoutée et être passé à côté des études.
Il a fallu que je traîne pendant près d'une année pour qu'elle se décide, enfin, à me venir en aide pour acquérir ce petit commerce.»
«Les choses ne sont pas aussi simples, mais je dois reconnaître qu'elle m'a permis de ne pas vivre un ennui semblable à celui de ces centaines de jeunes qui, comme moi, se sont retrouvés contraints de se tourner les pouces à longueur de journée», ajoute-t-il faisant remarquer que son temps est partagé entre la boutique et le cybercafé qui n'est qu'à une centaine de mètres de son magasin.
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