Tindouf - A la une

Dérives et mensonges au nom de la liberté de la presse Sa noble mission discréditée par des préjugés politiques



Dérives et mensonges au nom de la liberté de la presse Sa noble mission discréditée par des préjugés politiques
Le monde vient de fêter, comme chaque année, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Pour la corporation algérienne, ce fut l'occasion de rendre hommage à nos 16 confrères décédés, en avril 1974, suite à un accident d'avion à l'aéroport de Hanoï, l'une des escales de la visite du défunt Houari Boumediène dans le sud-est asiatique. Nos pensées se sont, bien sûr, tournées aussi vers le souvenir de la soixantaine d'autres journalistes algériens qui ont donné leur vie pour le métier, durant la décennie noire, tous assassinés froidement par les ennemis de la liberté de la presse et de la démocratie durant ses premiers pas en Algérie. D'année en année, à travers le monde, le nombre de nos confrères qui ont pris des risques, souvent au prix de leur vie, pour une information de qualité, est chaque fois plus lourd, notamment dans les zones de conflits armés et sous les régimes dictatoriaux.
Complicités des médias en démocraties
Ce «combat» global est celui d'une information objective, honnête et à l'abri de toute manipulation politicienne. Des progrès ont été réalisés sur ce terrain dans de nombreux pays, du sud de la planète, résolument engagés dans un processus démocratique sérieux qui fait de la liberté de la presse le socle de toutes les autres libertés. On le voit dans la liste par pays publiée par Reporters Sans Frontières (RSF), même si cette organisation professionnelle ne parvient toujours pas elle-même à se libérer de certains préjugés politiques qui discréditent quelque peu sa noble mission.
En Occident, la presse est souvent complice, ou pour le moins se laisse manipuler, par des puissances de l'argent et des gouvernements qui, au nom des «nobles principes» de défense des droits de l'homme, s'assignent des objectifs de guerre et interviennent militairement loin de leurs frontières pour la sauvegarde de leurs intérêts géostratégiques et économiques propres.
Ce que firent George Bush en Irak, puis Nicolas Sarkozy en Libye. Les chaînes de télévision fonctionnent comme des «services du cinéma» des états-majors en diffusant des images déjà visionnées par la censure militaire.
On ne voit de la guerre dans le nord du Mali ce que Jean-Yves Le Drian veut bien nous montrer sur les chaînes de télé françaises comme «reportages» accompagnés de commentaires maison. Sur ce plan, RSF a raison de faire observer que certaines démocraties occidentales ont perdu des places dans son classement général par pays, un peu à l'image des équipes de foot, peu performantes, d'après le tableau de la Fifa. Globalement, il est encourageant de constater que nos confrères sont de moins en moins nombreux à se mettre aux ordres des régimes politiques pour la sale besogne des Etats totalitaires.
L'impasse sur les violations des droits de l'homme
Au Maghreb, il existe encore, toutefois, des exemples parfaits du journalisme de propagande et de diffamation. Les journaux marocains continuent, à l'ère des progrès politiques humanitaires, à faire bloc derrière l'un des régimes totalitaires qui occupe la peu honorable première place en matière de violations des droits de l'homme. Ce comportement brutal de monarchie absolue trouve des complicités auprès des puissances étrangères qui développent une position de droit d'ingérence humanitaire à deux vitesses.
Ces médias ont ainsi fait l'impasse sur la question de la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental par la Minurso. Le Front Polisario est une «organisation terroriste» et les réfugiés sahraouis «des frères marocains séquestrés à Tindouf». La belle formule de Youssef Amrani, le ministre délégué aux Affaires étrangères de Mohammed VI, a fait la Une des médias-relais au Maroc qui ne se sont pas trop demandé pourquoi alors leur gouvernement négocie-t-il avec cette «organisation terroriste».
Dans sa vocation d'instrument de propagande, la presse aux ordres du Palais royal est allée encore plus loin dans la violation des principes d'éthique et de déontologie.
La diffusion de fausses informations
De la propagande au mensonge, le pas est vite franchi. Depuis plusieurs jours, la presse marocaine diffuse carrément de fausses informations, comme celles relatives au prétendu accord signé entre l'Espagne et les Etats-Unis autorisant le Pentagone à intervenir directement en Algérie pour faire évacuer ses ressortissants dans un «pays en plein chaos».
Une information grossière sur le seul pays de la région à n'avoir pas été contaminé par le fameux printemps arabe. Cette fausse information imaginée par un plumitif, un dénommé Mahdjoub, établi à Grenade aux frais des services de renseignements de Yassine Mansouri, le patron de la DST marocaine, reprise par une feuille comme El Qods El Arabi ('), est devenue un scoop mondial.
Ni les démentis du Pentagone et des autorités espagnoles ni la mise au point d'El Pais cité arbitrairement à la source de cet «objectif Algérie» de cet accord, n'y changeront rien contre ces derniers remparts butés du journalisme aux ordres des services de renseignements. Mieux, des «moustaâdjalate» sont diffusées à répétition au même moment par Al Jazeera, toujours un média arabe, sur le «décès» du président Bouteflika. Que Dieu prête longue vie à notre Président ! Mais le jour où il faudra bien, comme nous tous, avoir l'honneur d'être rappelé à Dieu, cette télé pourra dire qu'elle avait vu juste pour avoir été la seule à pénétrer les voies du Seigneur.
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