Tindouf, carrefour de culture et de militantisme
Pour tout Algérien, la région de Tindouf est une partie du grand sud avec ses spécificités. Seulement l’apport culturel de ce coin du pays demeure méconnu du grand public bien que Tindouf ait donné, à l’instar des autres régions du pays, des figures saillantes qui ont depuis toujours participé à la configuration du paysage culturel national. Parmi ces personnalités d’envergure dont la renommée est autant nationale que régionale, nous citons l’imminent cheikh Sid Ahmed Errikibi, dont notre jeune association a adopté le nom pour son intitulé. Ce qui traduit notre volonté pour faire connaître et reconnaître cet illustre cheikh et son œuvre. D’ailleurs, pour rendre hommage au parcours du cheikh notre association projette de bâtir un complexe culturel qui portera son nom. Cet édifice sera composé de plusieurs établissements dont les plus importants sont la mosquée, la Zaouïa et l’école coranique. Nous voulons faire de ce projet un phare dont la lumière rayonnera sur toute la région et s’étendra sur le sud algérien, jusqu’aux pays voisins du Maghreb et de l’Afrique Sud saharienne.
Ce projet s’assigne des objectifs culturels pour faire sortir la ville de Tindouf de sa torpeur. Mais le but essentiel demeurera dans la création des occasions que cette institution offrira aux enfants des populations nomades pour acquérir les sciences de la charia et de la culture islamique. Sans pour autant ignorer les cultures issues de la modernité qui ne s’opposent pas, de toute évidence, à nos valeurs. Le projet en question s’efforcera à mettre en place un régime d’internat avec des conditions socio-pédagogiques favorables à cet enseignement. Le complexe sera mis à la disposition de tous les enfants de la région sans distinction ou exclusion. Dans le même contexte, le projet s’inscrit dans le processus de la paix et la réconciliation prônée par Mr. le président de la République. Il vise par conséquent à réconcilier les Algériens entre eux en usant de tous les moyens y compris la science et la culture. L’ignorance, comme disait la sagesse «est une des causes d’autodestruction et c’est par la science que les nations ont atteint des degrés de développement et de puissance». Je ne vois pas d’inconvénient à évoquer une anecdote que j’ai vécu pendant ma jeunesse. Il y a soixante de cela, j’avais fait un voyage en Mauritanie en compagnie d’un commerçant à Bir Moghrein, ami de mon père qui s’appelait Souidi Ould Bachra. Cet homme était un beau-parent à l’illustre cheikh Maâ El Aïnyn. J’avais eu la chance de visiter la Zawiya que gérait le défunt cheikh et voir de près le régime socio-pédagogique établie par le maître pour faire face au défit qu’imposaient les dures conditions de vie de la région. La Zawiya se déplaçait d’un lieu à l’autre dans ce vaste désert suivant le régime des nomades à la recherche de l’eau et de pâturage. Le tuteur du candidat à l’inscription devait fournir à l’intendance de la Zawiya un bovin ou un ovin pour avoir une place pédagogique. Cette offre était consentie pour couvrir les frais de scolarité et la prise en charge du disciple. Ce qui permettait au cheikh de rassembler un troupeau qui allait l’aider à faire face aux besoins de la Zawiya. J’avais été très intéressé par l’expérience de ces bédouins que l’aridité de la contrée n’avait pas dissuadés pour s’instruire.
Nous voulons par cela être les successeurs de ces gens dans la mesure où les conditions de vie se sont bien améliorées. Nous nous efforcerons pour que notre futur perpétue l’œuvre autrefois initiée par le cheikh Ahmed Ben Laâmache, qui était un centre de rayonnement culturel en formant des milliers d’étudiants.
Nous comptons d’abord sur l’aide du Tout Puissant et des autorités locales de cette ville pour réaliser notre projet, sans pour autant oublier les membres de notre association. Je dois rappeler que la ville de Tindouf a, tout le temps, été une ville culturelle. J’ai souvenance que, quand nous sommes entrés dans la ville en 1934 avec les forces coloniales, il y avait à Tindouf une grande bibliothèque qui enfermait des milliers de manuscrits. Par le biais de notre projet, nous comptons faire revivre la dynamique culturelle de cette ville pour qu’elle redevienne un carrefour de savoir, de militantisme et de nationalistes libres. Cependant, les autorités concernées sont appelés, une fois encore, à dépoussiérer l’héritage des hommes illustres et de leur ville.
Pour l’Association Cheikh S.A. Rekibi, Hammadi Mohamed dit Benachour
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com