Tindouf

Algérie - Une association anti-corruption dénonce la mutation "punitive" d'un cadre de la Protection civile



Algérie - Une association anti-corruption dénonce la mutation
Dans une lettre au Premier ministre, l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) a demandé l'annulation de la « mutation » de Kadi Fath Allah, puni, selon elle, pour avoir révélé des « malversations », le « non-respect du code des marchés publics » ainsi que des « surfacturations » au sein de la mutuelle de la Protection civile. Les dénonciateurs de la corruption ne sont toujours pas protégés en Algérie, regrette le président de l'AACC, Djilali Hadjadj.Au moment où les pouvoirs publics appellent à combattre la corruption sous toutes ses formes et à tous les niveaux, la traque contre les dénonciateurs des corrompus et des corrupteurs continue. Le dernier exemple en date, selon l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), est celui de Kadi Fath Allah, cadre « arbitrairement » de Constantine vers la wilaya de Tindouf pour avoir dénoncé un cas de corruption au sein de la Mutuelle de la protection civile.
Selon l'AACC, présidée par M. Djilali Hadjadj, Kadi Fath Allah a reçu une décision de mutation vers la région de Tindouf après avoir dénoncé des « malversations », le « non-respect du code des marchés publics », des « surfacturations » et le « non-respect de la législation du travail » au sein de cette mutuelle.
Dans une lettre au Premier ministre intitulée « Est-ce que la récompense de la dénonciation de la corruption dans notre pays est le désert ' », l'AACC relève la propagation de la corruption au sein de la Mutuelle de la Protection civile et déplore que les responsables de ce corps n'aient pas agi dans le sens de punir les corrompus, « ni la Direction générale ni le ministère du Travail et de la Sécurité sociale qui veille sur la gestion de l'argent de la Mutuelle ».
L'AACC a demandé à Abdelmalek Sellal de faire « annuler » la décision de mutation de M. Fath Allah et de le rétablir dans sa fonction dans sa région de résidence, Constantine. Contacté par Maghreb Emergent Djilali Hadjadj a estimé que « la seule volonté que nous entrevoyons pour le moment et depuis quelques années de la part du pouvoir, est celle de réprimer ceux qui luttent contre la corruption ». Selon lui, le cadre muté a eu beaucoup de courage puisqu'il a demandé à voir l'association « malgré le fait que nous lui ayons dit que cela risque de lui coûter des ennuis » et lui a remis « des documents imparables qui sont, d'ailleurs, aux mains de la justice ».
Une preuve supplémentaire de l'absence de volonté de lutter contre ce fléau selon le président de l'AACC est l'échec des démarches effectuées par le précédent ministre de la Justice, Mohamed Charfi, qui, selon lui, a tenté à plusieurs reprises de transmettre au gouvernement un dossier d'amendements qui enrichit la loi de 2006 pour davantage protéger les dénonciateurs de la corruption.
Depuis plusieurs années, l'AACC, selon son président, milite pour renforcer la loi 2006 et faire en sorte qu'elle soit conforme à l'esprit de la convention des Nations unies de lutte contre la corruption de 2003 qui définit tout une démarche législative et réglementaire pour protéger les dénonciateurs et les témoins de la corruption : « Malheureusement, la seule chose nette qui apparaît dans la loi algérienne de 2006 c'est la ''criminalisation des dénonciations calomnieuses''. Nous sommes réellement inquiets, mais nous continuons le combat d'autant que tous les jours frappent à nos portes des gens de toutes les wilayas, hommes, femmes pour dénoncer des cas de corruption le plus souvent avérés. »
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