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UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Mahdia, la capitale du Sersou



Connue anciennement sous le nom de Burdeau, Mahdia (Tiaret) était un point de passage, situé sur le plateau de Sersou, dénué de tout relief ou d'un point de repère, recouvert d'une végétation rare où seuls quelques bergers nomades osaient s'aventurer, à la recherche d'un pâturage.L'aspect géographique si rébarbatif de la région lui avait valu l'appellation, par les autochtones, de pays de la peur et la désignation de Sersou, qui tire ce nom d'une expression arabe :" sir ou scout" se traduisant par : "conduis et tais-toi" car seuls les bergers nomades venus du sud parcouraient, cette plaine, en été, à la recherche de pâturages pour leurs troupeaux de moutons, chèvres ou chameaux. Mahdia a été longtemps, considérée comme vacante et sans maître par l'autorité militaire, c'est seulement au cours des 15 dernières années du siècle passé que les premiers civils français se sont aventurés aux abords ouest et nord de la plaine. Elle a été ensuite une commune mixte dont le siège est à Teniet el Had. C'est ainsi que plusieurs colons ont pu s'installer avec leur famille. Les résultats obtenus par ces premiers colons ont attiré l'attention d'un administrateur du nom de Manuel Bugega. En 1890, M. Bugega, administrateur de Teniet-el-Had, réalise une étude très précise sur la valeur des sols qui amène le gouverneur généra de l'époque, M. Revoil a signé le 13 septembre 1904 un décret portant création de centres de colonisation sur la plaine du Sersou. Dès son arrivée, il avait entrepris la prospection de la plaine, à cheval, logeant sous la tente. Au cours de ces tournées qui duraient plusieurs jours il a fait creuser plusieurs puits pour vérifier la continuité de la nappe d'eau s'étendant sous la plaine. Assuré par ses investigations, et aussi des résultats obtenus par les colons déjà installés, de la valeur du sol et des ressources en eau il a, par des notes précises et détaillées, convaincu les services de la colonisation de la possibilité d'implantation de centres peuplés des cultivateurs venus de France ou déjà en Algérie. Burdeau, l'actuelle Mahdia, sera l'un de ces centres, aucun lieu dit ne figurant sur les cartes de la région concernée il a donc été nécessaire de donner un nom. Le village prend le nom de Burdeau en mémoire d'Auguste, Laurent Burdeau (né en 1851 à Lyon, mort en 1894 à Paris), écrivain et homme politique, président de la chambre des députés, auteur d'une brillante étude sur les problèmes posés par la colonisation en Algérie et qui avait refusé le poste de gouverneur général qui lui était proposé. Cinquante concessions gratuites d'environ cinquante hectares sont attribuées ; il s'y ajoute quatorze lots de fermes d'environ cent cinquante hectares qui sont mis en vente à un prix modique. Les bénéficiaires de concessions reçoivent un titre de propriété provisoire. Ils ont deux ans pour mettre leurs terres en culture et pour créer un lot de jardin comportant cent arbres fruitiers, enfin, après dix années de présence sur leurs terres, le titre de propriété deviendra définitif. Les premiers candidats agréés arrivent à la fin de l'été 1905, à la fin de l'année vingt familles étaient installées et en 1907 la totalité des concessions était occupée. La commune mixte du Sersou fut créée par décret du 11 mars 1909 et se transforme en une structure administrative jusqu'en 1924, date de son autonomie en devenant commune de plein exercice. Elle finit par se faire supprimer par arrêté du 30 novembre 1956. Après, Burdeau est placé sous juridiction civile dépendant de la commune mixte de Theniet El Had, et obtient l'aval de la création d'un centre colonial nommé Burdeau par décision du 3 septembre 1904, qui a été érigé en commune de plein exercice par décret du 9 août 1924. Les premiers européens s'installèrent vers 1885, pour pratiquer l'élevage des moutons puis la culture des céréales sur le plateau du Sersou. Plusieurs familles se sont installées dans la région. Dès la promulgation de l'arrêté créant le nouveau centre de Burdeau, une nouvelle campagne de propagande pour son peuplement a été lancée par affiches. Ces opérations spéculatives se sont avérées bénéfiques par la suite en facilitant le premier peuplement de la région par des agriculteurs à qui les surfaces acquises ont été vendues par lots à des prix abordables, avec des facilités de paiement. Les concessions gratuites au nombre de cinquante, avaient une surface variant de 45 à 55 hectares et celle des 14 lots de ferme situés à la périphérie allait de 120 à 150 hectares qui sont mis en vente à un prix modique. Aux lots urbains attachés aux concessions s'ajoutaient 24 lots de même superficie, certains avec des lots de jardin, destinés aux commerçants ou artisans désireux de s'installer au village. Les bénéficiaires de concessions reçoivent un titre de propriété provisoire. Ils ont deux ans pour mettre leurs terres en culture et pour créer un lot de jardin comportant cent arbres fruitiers. Enfin, après dix années de présence sur leurs terres, le titre de propriété deviendra définitif. A présent, Mahdia n'a plus perdu sa vocation agro-pastorale, elle est toujours une ville pionnière dans l'élevage ovin et la production céréalière.
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