Tiaret connaît, ces derniers temps, une inquiétante prolifération des phénomènes sociaux, le suicide en particulier sous différents procédés, dernier recours pour une jeunesse en proie à la mal-vie et le désespoir.Mardi encore, deux tentatives de suicide ont été enregistrées. La première à Aïn Dzarit quand un ancien employé de la CCLS, pour dénoncer son licenciement, est monté sur le toit de la coopérative avec son fils avant de menacer de se jeter dans le vide. C'est les éléments de la gendarmerie nationale, dépêchés sur place, qui ont réussi à dissuader l'homme de passer à l'acte. Quelques instants plus tard, un jeune homme, pour protester contre son exclusion de la liste des bénéficiaires de logements sociaux, a tenté de s'immoler par le feu au milieu de la foule. Il n'a dû son salut qu'à l'intervention des sages du village qui lui ont épargné une mort atroce.
Pendaison, immolation, empoisonnement, défenestration..., pas moins de dix-neuf (19) personnes ont mis fin à leurs jours à Tiaret depuis le début de l'année en cours. Le dernier cas de suicide en date remonte à septembre dernier quand un jeune a mis fin à ses jours en se pendant à un arbre, quelques jours avant le suicide d'un autre jeune qui s'est lui aussi pendu à un arbre. Le 20 août dernier, un autre jeune homme, âgé d'une trentaine d'années, a été retrouvé pendu à un arbre. Quelques jours auparavant, un homme de 36 ans s'est pendu à un arbre à Mellakou, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tiaret. Son corps a été transporté à l'hôpital de Tiaret aux fins d'autopsie. Habitant un quartier populaire de la ville de Tiaret, un jeune homme, pour un différend familial, a ingurgité de l'acide avant d'être évacué au CHU d'Oran où il a pu être sauvé avec des séquelles sérieuses au niveau de l'appareil digestif. Et la liste reste encore ouverte... Mais que se passe-t-il dans la tête de ceux qui veulent mourir parce que fatigués de... vivre '!
Ceux en charge de la gestion «chaotique» du destin du pays réfléchiront-ils un jour à cette épaisse énigme qui voudrait que l'Algérien n'a le choix qu'entre donner son corps à manger aux poissons, sombrer dans le «monde parallèle» de la drogue, «soutenir les murs» jusqu'à ce que les poules auront des dents, ou passer de vie à trépas parce que la vie ne vaut plus le coup d'être vécue, dans un pays devenu un gigantesque théâtre des paradoxes à ciel ouvert. C'est dire que le suicide dans la wilaya de Tiaret est devenu un véritable fléau social sur lequel les autorités compétentes doivent se pencher. La régression sociale ne doit plus durer si l'on veut mettre un terme à ce désespoir dévastateur de larges couches de la société, la frange juvénile en particulier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com