Il n'existe pratiquement aucune rue ou ruelle à Tiaret qui ne soit pas squattée par des mendiants, femmes, enfants et personnes de tous âges. En effet, tout le monde s'interroge sur les vraies raisons de cette prolifération du phénomène de la mendicité, devenue une «profession libérale» pour certains.Le long de la rue des «Frères Benkhetou», des femmes, correctement habillées, font la manche toujours au même endroit et à la même heure. Mais depuis plusieurs semaines, les mendiants, femmes, hommes, vieillards et même des enfants, occupent les places, rues et ruelles de toute la ville de Tiaret. Selon des militants associatifs, une bonne partie des mendiants n'est pas originaire de la wilaya de Tiaret, mais d'autres régions du pays. Exemple avec cet homme d'une quarantaine d'années, venu faire la manche à Tiaret depuis la lointaine ville de Maghnia. Dans les rues, devant les boulangeries, les banques, les magasins, les boucheries, les stations d'essence, pratiquement aucun lieu n'est épargné par les mendiants, en l'absence de mesures appropriées et d'enquêtes sociales adaptées pour endiguer ce phénomène de plus en plus inquiétant.
Pour des militants dans des associations caritatives, plusieurs causes sont à l'origine de ce phénomène. Une catégorie de personnes, poussées à tendre la main pour survivre, dont la pauvreté, un handicap physique, le divorce ou la perte d'un emploi.
Plus grave encore, des militants impliqués dans le champ caritatif, dénoncent ces «professionnels du métier» qui exploitent bébés, enfants, personnes handicapées et femmes en détresse pour amasser une véritable «fortune», sans parler des risques qu'ils font peser sur leurs « employés ». Le fléau de la mendicité a pris une dimension telle qu'il reste difficile pour le commun des mortels de distinguer une fausse d'une vraie personne dans le besoin.
Certains excellant dans ce genre de pratiques en usant de divers ruses et artifices comme la présentation d'un certificat médical, des enfants endormis sous l'effet de somnifères, pour attirer et émouvoir de potentiels et généreux donateurs.
L'on se souvient que deux personnes, une femme et un homme, avaient été condamnées il y a quelques années à de la prison ferme pour avoir utilisé des enfants dans la mendicité. Un plan national de lutte contre la mendicité des enfants avait été mis en place, de concert avec le réseau «Nada», en mai 2018, mais des résultats palpables sur le terrain cahoteux tardent à se faire sentir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com