Le chef-lieu de la wilaya de Tiaret s'étrangle.
Privée depuis longtemps d'un plan de circulation adapté à l'extension à la capitale de la wilaya et à
l'augmentation substantielle du parc automobile, la ville souffre
actuellement d'un véritable congestionnement en matière de circulation, dû
aussi à l'inexistence de parkings de stationnement susceptibles de répondre aux
besoins des nombreux usagers.
En effet, avec
l'accroissement permanent des habitants et du parc automobile, la ville de Tiaret a atteint
un seuil de saturation qui a rendu sa gestion plus que complexe.
La dynamique des nombreuses cités
de la capitale de
la wilaya a
engendré des flux importants de circulation qui ne correspondent plus aux
réseaux routiers. Une étude, menée par le bureau d'études Urbatia, tant au
niveau du plan d'aménagement de la
wilaya (PAW) que des plans directeurs d'aménagement urbain (PDAU),
a mis en exergue une autre particularité de Tiaret, à savoir l'absence d'un
réseau routier dans l'ancienne ville, noyau du tissu urbain qui demeure trop
petit par rapport à l'ampleur du développement de la ville, note-t-on.
L'autre constat
est que la grande
majorité des équipements socioéducatifs, administratifs et
commerciaux sont implantés dans l'enceinte de l'ancienne ville. L'afflux
inévitable vers le centre-ville a pour conséquence de compliquer davantage les
problèmes de circulation et de stationnement et confère un aspect d'étouffement
à la cité, surtout
au niveau du carrefour « d'El-Blaça», véritable cÅ“ur battant de l'ancien Tiaret.
Cette situation pose, selon des spécialistes, une équation des plus complexes :
faut-il supprimer le stationnement et provoquer du coup la mort lente du commerce ?
La réponse, selon
les mêmes spécialistes, est la nécessité absolue de respecter scrupuleusement
l'étude urbanistique et réfléchir par deux fois aux conséquences de la réalisation d'un
équipement avant de lancer les travaux. La réalisation de
nombreuses pénétrantes et autres voies de maillage n'a pas pour autant réglé le
problème de saturation du noyau de la
ville, tant l'activité commerciale demeure essentiellement
concentrée dans ce «ventre mou» de la capitale de la wilaya. L'ouverture de
commerces sur les places publiques provoque aussi les stationnements interdits
et réduit, par conséquent, la
fluidité du trafic, à l'exemple «affligeant» de la cité « Volani », transformée
en un véritable goulot d'étranglement aussi bien pour les riverains que pour
les automobilistes.
La «solution de
facilité», souvent utilisée par les pouvoirs publics locaux, est la pose de plaques
d'interdiction de stationnement ou de sens interdit, une «interdiction» souvent
foulée aux pieds par des automobilistes fatigués par les bouchons interminables.
De ce fait, «le problème de circulation automobile et de stationnement ne peut
être réglé sans une conception convenable de l'urbanisation de la ville dans son
ensemble», souligne un ingénieur en travaux publics qui a déjà travaillé à la conception et à la réalisation de la ville de Tlemcen. «La récupération des
espaces libérés, systématiquement utilisés pour l'injection de chantiers
d'habitat, aurait pu permettre la réalisation de projets intégrés avec, pour effet
attendu, le règlement des problèmes de stationnement du centre-ville, ajoute
notre interlocuteur. « Le déménagement des centres administratifs et
économiques vers la
périphérie de la nouvelle ville demeure aussi une solution prônée
pour le désengorgement de la
partie centre de Tiaret», conclut-il.
Pour ce qui est
enfin du transport urbain, un simple constat impose la nécessité absolue
de redéfinir sa stratégie et bannir à jamais les «rafistolages» en cours jusque-là.
Doit-on éliminer un transport collectif encombrant, polluant et «chahutant»
gravement l'image et l'aspect général de la ville de Tiaret au profit de moyens de locomotion
plus modernes, plus propres et surtout plus adaptés aux nouveaux besoins de
l'antique Tihert ? Là demeure
toute la
question pour un chef-lieu de wilaya parmi les plus peuplés
de tout l'ouest du pays.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El-Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com