Vendredi passé, la nouvelle du décès du sympathique Abderrahmane Yamouni, 57 ans, chanteur de chaabi, a vite fait le tour de la ville venant ainsi confirmer cette tendance mortifère à compter les enfants de la ville, morts du fait du corona virus. Le climat reste pesant et chargé d'incertitudes.Aux relents tragiques car en plus du départ vers l'Au-delà dans des conditions difficiles, ses parents, proches et amis ne pouvaient même pas venir lui dire un dernier adieu. L'enfant de «Larmoud», (ex la remonte), au coeur de la ville de Tiaret où il avait appris les B.A.BA de la musique en compagnie d'un groupe de jeunes du quartier, tous des virtuoses de la chanson.
Hier, nous avons croisé l'un de ses proches amis et non moins chanteur émérite du chaabi et secrétaire général de l'association «Nassim El Hidhab», cheikh Adda Kerouani qui a réfuté cette assertion faisant admettre que «Cheikh Yamouni était le condisciple de Bouadjadje».
«Je regrette», dira-t-il avec amertume car le défunt était plutôt inspiré par Cheikh Rachid Nouni de Blida. Celui rendu célèbre par ses longues quacidates dont celle qu'il a écrit et intitulé ?Sala Allah Alik Ya MoulErrissala'. Ecrivain public au bas de l'ex-synagogue devenue conservatoire municipal où il s'adonnait à son métier avec art et passion, il a laissé un grand vide. Son départ intervenu dans le contexte de cette crise sanitaire est venu prolonger la liste des artistes ayant quittés la scène artistique locale et nationale.
Il intervient au lendemain des décès du poète feu Benaissa Benzzama et cheikh Khaled OuldEzzine, le barde du Sersou. Président de l'association «Nassim El Hidhab» depuis le début des années 2000, Abderrahmane Yamouni est parti après avoir initié le festival de la chanson chaabi «Les nuits de Tiaret» ou «Layali Tiaret», qui ont charmées les foules et surtout les adeptes de la chanson chaabie. Les frères Herroual, Adda et Abed, Azzedine et Yahia Mohamed rédha furent ses compagnons de longue date au même titre que cheikh Adda Kerouani dont la voix suave reste prenante et captivante là où il se produit.
Une troupe qui, discrètement et sans grands bruits, a raflé plusieurs prix et distinctions en plus des participations aux festivals aux quatre coins du pays. «Une nuit avant sa mort, Abderrahmane implorait le pardon à Dieu» bien qu'«il fût d'une gentillesse extrême», dira encore cheikh Adda Kerouani.
A ses cinq enfants et ses nombreux cousins, proches et passionnés du chaabi prions Dieu de bénir son âme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com