La ruée effrénée vers les titres miniers pour l'exploitation de carrières d'agrégats, sables, tuf et autres matériaux n'a jamais cessé de constituer une préoccupation de premier rang au vu de son ampleur aussi grandissante qu'inquiétante, du moins pour la wilaya de Tiaret qui compte, à elle seule, quelque 160 sites.
Selon certains défenseurs de la nature, les conséquences découlant de l'attribution des titres d'exploitation de manière déréglée sont bel et bien apparentes. Des paysages défigurés, des montagnes éventrées, outre les poussières de calcaire tuant à coup sûr la végétation de pacage à des kilomètres à la ronde. Du côté de douar Ouled Boughaddou, les explosifs utilisés dans l'extraction d'agrégats sont fatals pour les cultures céréalières, et les habitations, visiblement lézardées par les déflagrations presque quotidiennes. Les quelques habitants de cette bourgade du nord de la wilaya, pour ne citer que ces derniers, sont très souvent confrontés aux désagréments causés par de récurrentes détonations. Même l'effet en matière de création d'emploi est quasi nul, car ces carrières sont exploitées par des pseudo-investisseurs dont l'unique souci est d'engranger des fortunes, devait indiquer en substance un député à Tiaret, non sans remettre en cause le choix «anarchique» des sites et les procédures d'attribution y afférentes. Certains optent pour la location du titre minier ou la vente en l'état du produit existant à fleur de sol (sable, argile, calcaire) au nez et à la barbe des autochtones. Aussi, d'après les observateurs locaux, la décentralisation de la gestion de ce dossier en dessaisissant l'Agence nationale des mines et des carrières au profit des instances locales pourrait contribuer à remédier à de telles inconvenances, d'autant que le produit de ces concessions constituera à n'en point douter des ressources de financement pour les collectivités locales.
Mourad Benameur
Les retraités s'indignent et s'interrogent
Les dernières mesures d'augmentation de salaires décidées en faveur des différents corps de l'administration et autres corporations, dont certaines ont atteint les 80%, n'ont pas laissé insensibles les retraités de la wilaya de Tiaret qui ont tenu à exprimer à leur manière la piètre situation dans laquelle ils se trouvent non sans solliciter l'intervention des hautes instances de l'Etat.
En effet, par le biais d'une lettre adressée au premier magistrat du pays, ces derniers n'ont pas tergiversé pour manifester leur courroux à l'égard de ce qu'ils ont appelé une marginalisation, voire un mépris pur et simple. «C'est à croire que la paix sociale ne concerne pas cette catégorie qui ne peut faire grève et pourtant, poursuivent-ils, cette frange est celle qui vit avec le plus grand dénuement lorsque l'on sait que bon nombre de retraités ne peuvent même pas offrir un fruit de temps en temps à leur progéniture», déplorent-ils. «Le législateur ignore-t-il que, statistiquement, près de 10% de ces retraités meurent chaque année en raison de leur âge avancé et que les plus malheureux parmi eux sont justement ceux qui ont remis sur les rails les institutions administratives, techniques et économiques du pays au lendemain du 5 juillet 1962 suite à la politique de destruction et de la terre brûlée décrétée par l'OAS», ont-ils tenu à préciser. «S'agissant de la question du financement des retraités qui n'a jamais été posée pour les autres relèvements, elle a été brandie, renvoyant aux calendes grecques l'ensemble des promesses maintes fois réitérées», répliquent-ils avant d'évoquer «le fait que la recherche de financement n'a jamais présenté d'obstacles pour toutes les offrandes faites avant la tripartite où le délégué de l'UGTA a été véritablement berné et réduit à l'expectative dans l'accomplissement de sa noble mission», soulignent-ils. Aussi, sans se passer de certains détails dans leur requête, les retraités de Tiaret ont insisté sur le fait que l'Etat a le devoir de rembourser tous les prélèvements faits sur le compte de la CNR à chaque catastrophe, y compris les tremblements de terre, et qu'il doit également prendre en charge les milliers de travailleurs bénéficiaires de pensions mais qui n'ont jamais cotisé», indiquent-ils, non sans ajouter que les fonds de la Caisse des retraités déposés chez Khalifa Bank l'ont été sur injonction de leur tutelle. Quant à l'inflation, qui aurait été soulevée lors de cette tripartite, elle devrait être diminuée par l'éradication de la grande corruption qui gonfle le coût des projets au détriment de leur qualité, la suppression définitive du commerce informel privant le fisc de 40% de ses recettes et la réduction drastique des dépenses de prestige au niveau des ministères et des deux chambres du Parlement», insistent-ils dans leur correspondance. Enfin, ces mesures ne sont qu'un volet de ce grand combat, le plus important résidant dans l'apologie du travail en général et l'amélioration continue des rendements dans le secteur de l'agriculture, devaient conclure les signataires de la requête.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com