Tiaret - A la une

TIARET



TIARET
À travers leurs slogans, les manifestants ont affiché leur véritable anxiété, à Sebaïne ou ailleurs, sur le chômage, la précarité, l'incertitude de l'avenir et les pratiques d'une autorité chauffée à blanc par un pouvoir oscillant entre populisme et relents d'extrême affairisme.Pour protester contre la précarité persistante qui couvre leur localité, des dizaines de citoyens de la commune de Sebaïne, à 16 bornes du chef-lieu de la daïra de Mahdia et à 32 à l'est de Tiaret, se sont rassemblés durant l'après-midi de dimanche dernier pour bloquer la RN40 à l'aide de pneus brûlés, troncs d'arbres, blocs de pierres...Une action qui a embarrassé les voyageurs allant ou venant d'Alger et de Tissemsilt tant ils étaient contraints de subir un embouteillage démesuré qui aura duré plusieurs heures. Le mauvais état de la route se veut une préoccupation majeure pour ces habitants qui ne demandent qu'à être réhabilités dans leur citoyenneté."Nous sommes issus de parents paysans et nous vivons du travail de la terre. Si nous nous adressons aujourd'hui aux autorités locales, ce n'est ni pour demander un crédit ni pour un autre avantage lié aux dispositifs de l'emploi aux jeunes, nous les sollicitons seulement pour aménager cette route pour nous permettre de bouger et commercialiser les produits de notre agriculture", nous dira un des protestataires. Ce dernier nous fera savoir que cette commune renferme, outre des maraîchers, plusieurs producteurs laitiers qui arrivent difficilement à acheminer leurs produits vers les villes avoisinantes. À travers leurs slogans, les manifestants ont affiché leur véritable anxiété, à Sebaïne ou ailleurs, sur le chômage, la précarité, l'incertitude de l'avenir et les pratiques d'une autorité chauffée à blanc par un pouvoir oscillant entre populisme et relents d'extrême affairisme. "Bien sûr, ces implosions de violence ne résoudront rien et ce n'est pas une solution que de s'en prendre aux équipements urbains utiles à toutes et à tous ou porter atteinte à la liberté d'autrui, l'autorité compétente est instamment interpellée pour résoudre les problèmes cruciaux auxquels sont perpétuellement confrontés les citoyens", tenait à s'exprimer un autre protestataire paraissant plus sage. Parlant de la situation que vit la cité, un autre citoyen nous affirmera : "Ces professionnels du discours rivalisent de formules ?républicaines' pour montrer qu'ils ont la situation ?sous contrôle'. Pourtant l'usage de ces mots, de ces termes, tient plus de l'incantation que de la réalité d'une volonté d'action. En effet, un mot n'est qu'un mot, mais il ne doit pas acheminer vers des maux." Néanmoins, ces affrontements sont l'expression d'une jeunesse populaire de banlieue réunie par le fait d'être soumise à la précarisation générale de la société, l'incertitude de l'avenir et la criminalisation sociale. Par ailleurs, la situation a pris une telle ampleur qui a contraint à une mobilisation d'un renfort des services de sécurité, voire des brigades antiémeutes de la Gendarmerie nationale qui a pu disperser la foule pour que la ville reprenne son calme en fin de journée.R. SNomAdresse email


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)