Tiaret - Revue de Presse

Théâtre de la Moubayaâ à l’Emir Abdelkader



Ghriss se complaît dans son passé historique   Ghriss, est le nom que porte l’une des plaines les plus fertiles du pays, très connue pour la bonne qualité de son agriculture et pour avoir servi de théâtre à la fameuse Moubayaâ, serment d’allégeance apporté par les tribus Hachem à l’Emir Abdelkader, en lutte contre les troupes d’agression coloniale.   Cette plaine est limitée au nord par le Mont Menaouer, au sud par le Mont Karsout, à l’ouest par l’Oued El-Hammam (Bouhanifia) et à l’est, par les hauteurs de Nesmoth. C’est également le nom que porte la commune implantée sur ces terres. Le nom vient, d’après certains, de l’expression locale «Ghersa», qui signifie «boue», vue l’abondance des eaux dont jouissait la localité et qui maintenaient ses terres humides toute l’année. La commune, elle, a été créée près d’un demi-siècle après le début de la période coloniale, selon certains documents, précisément le 14 septembre 1878, sous le nom de Thiersville, en hommage à l’homme d’Etat et 1er Ministre français de la IIIème République, Adolphe Thiers, mort en 1877. Suite au découpage administratif intervenu en 1974, elle a été promue au rang de daïra avec 7 communes d’abord, avant d’en chapeauter 13, à l’issue du nouveau découpage de 1991, qui devait donner naissance à trois autres daïras. Le chef-lieu de la commune est distant de 18km de Mascara, chef-lieu de la wilaya de l’Emir, de 58km de Saïda, chef-lieu de la wilaya limitrophe et 117 km de la métropole de l’Ouest, Oran. La commune de Ghriss s’étend sur 116 km² et compte 21 douars habités par une population de 25.018 âmes, dont 8.090 de jeunes. Ghriss a bénéficié, dans le cadre du programme de développement, de plusieurs opérations pour l’amélioration du cadre de vie de ses citoyens.   L’exode rural vide les douars   En matière de logement, à l’instar des autres régions du pays, cette commune enregistre trois types de besoins. Le logement social constitue la préoccupation majeure du citoyen, malgré les différents quotas attribués durant la période allant de 2000 à 2004. Une première tranche de 692 logts et une seconde de 206 autres, sont en cours de réalisation et inscrits dans le cadre du plan quinquennal 2005/2009, tandis que 54 prêts sont en instance d’attribution. Cependant, la demande dépasse de loin l’offre, sachant qu’avec 2.300 demandes en instance, la commune n’est pas près d’effacer la crise de logement, et pour cause. L’exode rural, enregistré ces dernières années et qui a pris de l’ampleur, y est pour beaucoup. Rappelons que ce phénomène est dû en premier lieu à l’insécurité, qui prévalait dans certaines campagnes et qui vient de prendre une autre dimension. Sachant que la ville de Ghriss comptait moins de 9.000 âmes en 1987, en l’espace de 18 ans, ce chiffre a pratiquement doublé pour atteindre en 2005 le nombre de 17.484 habitants, alors que les 21 douars environnants ne comptent plus entre eux que 7.534 habitants. La paupérisation de fait qui s’en est suivie, explique pourquoi le logement LSP n’intéresse pas grand nombre de citoyens, ces derniers s’éloignant de cette option, aux dires des responsables concernés, faute de disposer de l’apport personnel exigé comme avance et que les postulants trouvent trop élevé par rapport à leurs revenus. Preuve en est que, dans ce programme, seuls 164 logements LSP ont pu trouver preneurs.   1.284 lots à bâtir et 317 aides rurales   Pour ce qui est des terrains à bâtir, la commune a bénéficié de 1.284 lots, qui ont tous été distribués aux citoyens résidents, sous forme de coopératives. La première regroupe 163 lots et la seconde 189. Quant à l’aide à l’habitat rural, elle est destinée aux familles, qui ont accepté de regagner leurs terres. Cette allocation attribuée à titre d’encouragement par l’Etat, vise à permettre aux fellahs de retour à réhabiliter leurs anciennes habitations abandonnées ou d’en construire d’autres. C’est ainsi que 107 familles ont bénéficié d’aides financières en 2003, pour l’aménagement de leurs habitations, et ce, au niveau des douars de O/Kada, Mezourat et O/Abdelkader, comme il a été bénéficié, dans le cadre du programme initié par le président de la République, de 210 autres aides, destinées cette fois à la construction de nouvelles habitations.   225 EAC et 221 EAI cohabitent avec 1.304 exploitations privées   S’agissant du secteur de l’Agriculture, il enregistre 225 exploitations agricoles collectives (EAC), 221 autres à titre individuel (EAI), ainsi que 1.304 fellahs privés, parmi lesquels figurent des producteurs de lait. L’agriculture demeure l’épine dorsale et la première source de revenus pour les habitants de Ghriss. Ceux qui habitent la plaine commencent à rencontrer de sérieux problèmes, ces dernières années, dus en grande partie à la baisse inquiétante du niveau de la nappe phréatique et du plan Orsec décrété par la wilaya et qui s’en est suivi. Le manque d’eau d’irrigation a obligé les uns à changer de métier et les autres à déserter carrément cette zone pour gagner d’autres régions plus clémentes, à l’image de Rechaïga dans la wilaya de Tiaret. L’édification de nouveaux barrages sur les hauteurs de cette plaine, demeure plus que nécessaire, si on ne tient pas à ce que ces bonnes terres soient désertées par leurs propriétaires. Pour ce qui est de l’eau potable, cette denrée demeure disponible voire en quantité suffisante. Il n’empêche que le réseau d’assainissement, qui demeure vétuste puisque datant de l’ère coloniale, gagnerait à être rénové pour éviter toute éventuelle maladie à transmission hydrique (MTH).   L’Education, la Santé et les Transports donnent satisfaction   Le secteur de l’Education s’est amélioré en infrastructures, puisque la commune de Ghriss compte 02 lycées d’une capacité d’accueil de 2.000 élèves, dont 600 internes, 3 CEM d’une capacité de 1.300 élèves, dont 200 en régime d’internat, en attendant le 4ème en cours de construction. Le cycle primaire enregistre pour sa part 8 écoles primaires en milieu urbain et 5 autres en milieu rural, dont une de 8 classes demeure toujours fermée, en raison de l’exode de la population qui avait fui la zone de Sidi M’hamed Benyahia. Enfin, un centre de formation professionnelle complète le tableau. Quant à la Santé, ce secteur demeure l’enfant gâté avec un hôpital de 240 lits, 02 centres de santé spécialisés et équipés de matériels adéquats et 01 salle de soins de proximité, qui répond à la demande du citoyen. Les effectifs ont été renforcés de leur côté par l’apport de 5 médecins spécialistes, chose qui fait défaut au niveau d’autres secteurs de la wilaya. Pour ce qui est du secteur des Transports, compte tenu du nombre de véhicules existants dans le parc roulant et de l’expérience des transporteurs, dont la majorité exerçait ce métier depuis plus de 40 ans, le problème ne se pose pas. Preuve en est que les citoyens ne se plaignent d’aucune insuffisance dans ce domaine. S’agissant des autres destinations, on enregistre la réhabilitation de l’aéroport de Ghriss, tandis que le projet de renforcement de la piste d’atterrissage est en voie de lancement et porte sur une enveloppe budgétaire de quelque 4 milliards. Enfin, une gare routière offre une capacité d’accueil satisfaisante avec une superficie couverte de 720m² et une capacité de stockage de 100.000qx, en particulier, pour les céréales.   Culture et fidélité à la mémoire de l’Emir   En matière de sites historiques, la commune de Ghriss abrite le lieu le plus prestigieux dans l’épopée de l’Emir Abdelkader. C’est la célèbre «Derdara», symbolisée par un arbre, au pied duquel l’Emir reçut la Moubayaâ (allégeance) de la part des tribus Hachem. Cet espace mériterait, dira M. Mahieddine, de disposer d’une esplanade, qui servira à la Fantasia, qu’organisent les cavaliers de la région, pour célébrer les deux événements marquant, respectivement, l’anniversaire de la mort de l’Emir (27 mai) et l’anniversaire de la Moubayaâ (27 novembre). L’autre partie pourrait accueillir un complexe, qui abritera une école islamique, un centre d’hébergement des visiteurs et d’autres dépendances tout aussi indispensables. En attendant, la commune dispose déjà d’un complexe culturel, mal conçu il est vrai et pratiquement délaissé, faute d’être structuré suffisamment en personnel chargé de sa gestion et de son entretien. Les infrastructures sportives ont besoin de certains aménagements, comme le CSP qui demeure à l’abandon et ne dispose même pas de mur de clôture, alors qu’il est situé en plein quartier populaire. Il sert pour le moment de réceptacle à ordures et autres gravats. Le terrain du stade mériterait d’être couvert par du tartan, d’autant plus que l’équipe locale lutte pour l’accession et risque de subir le sort de ses voisines respectives d’El-Bordj et de Maoussa, condamnées à vivre leurs parcours en déplacement. D’un autre côté, malgré l’existence des équipes de volley et de basket, la commune de Ghriss ne dispose pas encore de salle OMS et les rencontres se déroulent sur des terrains combinés.   Un réseau routier dégradé   En matière de développement dans le secteur des Travaux Publics, pour l’année 2005, la commune de Ghriss a réalisé l’aménagement d’un tronçon de route reliant Ould Abdelkader au chemin communal N°25 (CC25), sur une longueur de 1,8km, pour sortir la zone de son isolement, sachant que le réseau routier s’étend sur 13km de route nationale, 13,7 km de chemin de wilaya et 44,5 km chemins communaux. Ce réseau est renforcé par 14km de voie ferrée. Ce réseau reste dégradé par endroits et nécessite son réaménagement. Le réseau urbain, quant à lui, a bénéficié du bitumage de certaines rues. Dans le même programme, ont été également réalisés l’assainissement du village agricole Saâdia, la construction d’un station de pompage E19, le renouvellement du réseau d’alimentation en eau potable des douars Ouled Laouni et O/Merah. Par ailleurs, dans le cadre de la construction de 160 locaux commerciaux destinés aux jeunes chômeurs, les travaux ont démarré pour un premier quota de 60 magasins. Il faut dire que la commune de Ghriss a une population composée à 80% de jeunes et dont le taux de chômage avoisine les 19%.   Absence d’infrastructures commerciales   Cette commune manque de structures indispensables au quotidien du citoyen, comme le marché de fruits et légumes, dont l’absence oblige les ménagères à se déplacer vers le chef-lieu de la wilaya, pour s’y approvisionner. Autrement, elles devraient attendre le souk hebdomadaire qui ne se tient que tous les lundis. Pourtant, les infrastructures pouvant abriter ce genre de marché, ne manquent pas en nombre, mais demeurent sous-utilisées voire inutilisées, à l’exemple du siège des anciennes Galeries et celui de la défunte ONACO, qui demeurent fermés après avoir été affectés à leur personnel. Ils sont livrés à des dégradations de toutes sortes, qui font dire au P/APC: «l’article 23 de la loi de finances de 1994, nous empêche de prétendre à leurs occupations. Voilà pourquoi, nous avons proposé l’inscription au plan la construction d’un marché de fruits et légumes. Proposition qui demeure à l’étude. D’autre part, le souk hebdomadaire risque d’être délocalisé, lors de la révision du PDAU, où d’autres projets sont inscrits et verront le jour bientôt, à l’image de la réhabilitation de la piscine, qui se trouve en plein centre-ville. En plus de la construction des 44 logements relevant du FNPOS, financés par les œuvres sociales du secteur de l’Education, il est prévu un nouveau siège pour la poste dont le local actuel s’avère trop exigu et un autre pour la protection civile. Le choix des terrains étant fait, il ne reste plus qu’à démarrer les chantiers.
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