Constat - Le secteur du textile est moribond depuis plusieurs années. Des centaines d'entreprises publiques et privées ont été fermées et des milliers d'emplois perdus.
La situation demeure la même, en dépit des multiples tentatives de sa remise sur pied. La production nationale en la matière a subi une chute vertigineuse et le recours à l'importation est, ainsi, devenu incontournable pour pallier les besoins du marché national. Pourtant, le textile était perçu comme un secteur prometteur notamment dans les années 1970 où plusieurs unités de production étaient lancées à travers le territoire national. La construction de ces usines et ateliers publics avait conduit à la fusion, en 1975, d'un grand groupe industriel, la Sonitex.
Pas moins de 3 400 industriels et artisans s'approvisionnaient alors auprès du géant étatique et plus d'une centaine de milliers d'emplois étaient créés.
En sus de la couverture des besoins nationaux, l'Algérie parvenait même à placer ses produits sur les marchés étrangers. La descente aux enfers du secteur a commencé dès le début des années 1980 et la belle aventure a tourné court. La descente s'est accélérée durant les années 1990 où le pays traversait une crise politique et économique sans précédent.
Le secteur a, alors, pris le tournant de la disparition graduelle. En moins de 20 ans, pas moins de 100 000 emplois ont été perdus, selon les statistiques du Forum des chefs d'entreprises (FCE). Même les 4 000 entreprises privées qui employaient environ 150 000 travailleurs avaient toutes disparu. Les restructurations entamées dans le secteur au début des années 2000, notamment à travers le plan de redressement triennal 2003-2005, n'ont pas abouti à le réanimer, la fracture étant plus profonde que les estimations des initiateurs d'une telle stratégie.
Au contraire, la liste des entreprises publiques et privées qui ont mis la clé sous le paillasson, s'est encore allongée. Même les tentatives de privatisation de certaines unités publiques n'ont pas suscité l'engouement des investisseurs, le marché national étant déjà inondé de produits d'importation. Les perspectives de redonner vie au textile ont été réduites presque à néant.
Toutefois, les professionnels du secteur affichent, ces derniers temps, un optimisme quant à la possibilité de redynamiser le secteur dans le cadre des projets de soutien financier accordé par l'Etat. Le président de la Fédération nationale du textile, Amar Takdjout, a affirmé récemment que l'effacement des dettes des entreprises, estimées à 95 milliards de dinars, et les plans d'investissements annoncés par les pouvoirs publics allaient donner vune seconde vie au secteur. «On peut repêcher le secteur», avait-il insisté sur un ton d'optimisme. Le plan de sauvetage en question consiste en la récupération des entreprises publiques dissoutes situées notamment à l'est du pays, à Aïn Beïda, Tébessa, Meskiana, ainsi que l'usine de la chaussure à Frenda (Tiaret) et celle de Aïn Sefra (Naâma). Les entreprises privées seront également concernées. S'il est vrai que l'espoir doit être de mise, il n'en demeure pas moins que la remise sur pied d'un secteur mourant prendra quelques années. Une période durant laquelle les pauvres citoyens devront se débrouiller pour porter des vêtements d'importation'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com