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«Renault peut créer le déclic»



«Renault peut créer le déclic»
-Des projets de type Renault peuvent-ils être considérés comme le prélude à une véritable relance industrielle, et est-ce de ce type d'investissement que viendra le salut de l'industrie algérienne 'Le projet Renault est effectivement là, mais il n'est ni un prélude à une véritable relance industrielle ni un salut pour l'industrie algérienne.On peut se rappeler du projet FATIA (Tiaret) des années 70'-80' qui a connu tellement de vicissitudes avec des décennies de palabres (au ministère de l'Industrie, des bureaux ont été réquisitionnés pour stocker les documents s'y rapportant) et des déplacements innombrables dans les deux sens sans que celui-ci aboutisse. Ce n'est certes pas facile de mettre en place une industrie automobile. Mais que de temps perdu ! En d'autres lieux et durant tout ce temps perdu on aurait construit toute une industrie aéronautique avec toutes ses exigences techniques et technologiques. En fait, c'est toute une histoire qui a ses soubassements politiques.Pour revenir précisément à votre question, je pense que le fait d'avoir mis beaucoup de volonté politique afin qu'en l'espace seulement de deux ans on sorte la première voiture fabriquée (montée en réalité) en Algérie est une bonne chose en soi. On monte bien des voitures sur des bateaux, comment ne le ferait-on pas sur la terre ferme ' C'est symbolique comme son nom l'indique, la voiture «Symbol».Je disais que c'est une bonne chose dans la mesure où cela peut créer un déclic, jeter les jalons ou les prémices d'une industrie automobile structurante qui générera un tissu de sous-traitance de PMI/PME innovantes.C'est ce qui est normalement attendu, d'autant plus que le constructeur Renault exige des sous-traitants locaux des qualifications high tech. Si cela se réalise, c'est tant mieux, mais cela ne suffit pas à lui seul pour une relance industrielle, car cela devrait se dupliquer ailleurs.On peut dire beaucoup de choses là-dessus, comme par exemple le module proposé avec 25 000 voitures au départ, pour aller ensuite vers 75 000 voitures n'assure pas dans les conditions actuelles de la concurrence mondiale la rentabilité du projet. Mais pour le moment, on fait avec pour les raisons que j'ai évoquées ci-dessus d'autant plus que pour le moment il n'y a, me semble-t-il, pas d'objectifs à l'exportation pour ce projet. L'intégration du projet viendra progressivement, il reste à savoir si la voiture «Symbol» qui sera produite à Oued Tlelat va effectivement créer le déclic que l'on attend. Wait and see.-Nous avions eu la stratégie industrielle de Temmar, le projet de relance de Rahmani, et là on parle d'un projet de restructuration du secteur. Y a-t-il des raisons d'espérer une meilleure issue à cette nouvelle tentative de relancer le secteur 'Je pense que la conférence sur le développement économique et social qui s'est déroulée à Club des Pins les 4, 5 et 6 novembre 2014 a été un succès total. De mémoire, il n'y a jamais eu à ce genre de rencontre un tel afflux de responsables, y compris étrangers, de cadres gestionnaires et d'experts et cela tout au long des trois jours durant lesquels la conférence s'est tenue. Nous avons ressenti auprès, notamment, des cadres gestionnaires un besoin avide de connaître quel avenir doit se dessiner pour l'industrie nationale, publique et privée. On nous rassure que les recommandations issues de cette conférence seront suivies d'effet en ce qui concerne la logique industrielle à privilégier, le climat des affaires et le partenariat. Tout est là : la différence avec les précédentes rencontres. Tout le monde sera à l'écoute.-L'exemple du projet Renault peut-il concrètement être dupliqué à d'autres branches industrielles ' Oui, l'exemple Renault peut se dupliquer. Il l'est déjà dans le secteur de la mécanique avec les tracteurs agricoles à Constantine, ou encore les véhicules utilitaires à Tiaret (sur les cendres de Fatia). Comme je le disais précédemment, il y a évidemment à tout cela une dimension politique.En vérité, ce partenariat doit connaître une plus grande ampleur, car c'est par le partenariat que l'Algérie peut s'insérer dans le marché mondial, aussi bien en important mais aussi et surtout en exportant.Mais pour cela, il faut améliorer les choses : d'abord éliminer sinon réduire les procédures bureaucratiques qui encadrent le partenariat (concernant par exemple le transfert des dividendes), mais surtout réaménager la formule des 49/51% qui ne devrait pas être une règle systématique. Enfin, je crois que l'Algérie doit libérer ses entrepreneurs, les laisser investir y compris à l'étranger, sinon on nesera jamais un acteur dans cette mondialisation.


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