Tiaret - A la une

Pour éviter la rupture de stocks : De la pomme de terre importée bientôt



Pour garantir l'approvisionnement du marché national en pomme de terre pour le dernier trimestre de l'année en cours, l'Algérie s'apprête à renouveler l'expérience de 2007, en lançant une nouvelle opération d'importation du féculent. «La décision finale n'a pas encore été arrêtée et la question ouverte au Conseil interprofessionnel de la filière pomme de terre (...) mais, par mesure de précaution, nous avons pris toutes les dispositions pour mener à bien cette opération», a déclaré le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, hier sur les ondes de la radio nationale.
Justifiant le probable recours à une mesure qui risque de faire des vagues (le souvenir de la très mauvaise qualité de la pomme de terre importée en 2007 étant encore vivace dans les esprits), le ministre a expliqué que le démarrage de la plantation de la pomme de terre pour l'arrière-saison, prévu pour la mi-juillet, a été reporté à fin août à cause des fortes chaleurs, de l'absence de la main-d''uvre et de la survenue du mois de Ramadhan, et que ce report risquait d'induire un retard de trois semaines sur la récolte et qu'il convenait de rester vigilant pour garantir un approvisionnement continu. Les productions tardives (aujourd'hui assurées par les régions d'Aflou, Tiaret et Sedrata) et les stocks existants risquant de ne pas suffire, le ministère de l'Agriculture devrait, selon toutes probabilités, autoriser, avant le 15 novembre, une opération d'importation d'appoint de quantités ne devant pas excéder 2% des 4 millions de tonnes produites annuellement par l'Algérie, pour ne pas être confronté à une rupture de stocks de ce produit massivement consommé par les Algériens. En raison de la flambée des prix, la consommation de la pomme de terre par année et par habitant est ainsi passée de 56 à 106 kilogrammes en l'espace de deux années. Le prix au kilogramme de la pomme de terre importée devrait se situer dans la fourchette des 35-55 DA, s'est encore engagé le ministre en déclarant que l'opération allait être rigoureusement encadrée dans ses volets délai, qualité du produit et prix de mise sur le marché.
Les agriculteurs devraient-ils craindre pour leurs productions ' Non, répond le ministre, l'opération étant fixée dans le temps, et devant intervenir avant le lancement de la nouvelle récolte, elle ne devrait pas concurrencer la production nationale.
Par ailleurs, avait-il indiqué il y a quelques jours, le gouvernement s'engage à protéger la production nationale, notamment par l'indemnisation des pertes subies par les agriculteurs si l'option de l'importation est décidée.
Rachid Benaïssa a affirmé qu'en trois années, soit depuis le lancement du dispositif Syrpalac (système de régulation des produits de large consommation) en 2009, les capacités de stockage de la pomme de terre ont doublé grâce à la réhabilitation des capacités existantes et la création de nouvelles aires de stockage par les deux secteurs privé et public.
Selon les chiffres officiels, la production de pomme de terre est passée de 2,2 millions de tonnes à 3,8 millions entre 2008 et 2011, soit une hausse de 72% et la récolte attendue pour 2012 devrait atteindre 4 millions de tonnes. Pour rappel, surprise par une pénurie de pomme de terre à l'automne de 2007, l'Algérie avait importé, essentiellement du Canada et de la Turquie, un volume global de 50.000 tonnes dont une bonne partie était impropre à la consommation et avait conduit à une polémique avec le Canada.
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