
Quel gâchis ! Les travailleurs de l'un des complexes industriels les plus réputés du pays, un fleuron de l'industrie mécanique, se retrouvent aujourd'hui à faire la manche pour avoir leur paie. Les ‘'mécanos'' de la SNVI de Rouiba sont en grève pour, cette fois-ci, non pas demander le versement de leurs salaires, mais dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles évolue le complexe. Un aveu lourd de sens d'un syndicaliste: la SNVI Rouiba n'a plus de plan de charge faute d'investissements. Et donc, c'est l'Etat qui verse les salaires des ouvriers du plus grand complexe industriel algérien. Le constat est alarmant et cette crise qui secoue le complexe de Rouiba est symptomatique des dérives du secteur industriel algérien. Car le drame dans tout cela, c'est que cette crise est annonciatrice de lendemains incertains, angoissants pour des milliers d'ouvriers d'un secteur en perdition. Et là où le secteur public traîne les pieds, à force de politiques volontaristes sous forme de salaires sans contrepartie, on nous annonce qu'un privé a entamé à Tiaret la production en série de voitures de tourisme. Pourquoi celui-là a réussi et l'Etat n'arrive pas à aligner les bons résultats ' Chez nous, en fait, tout ce qui est public semble voué à l'échec. C'est le bien d'El Beylik, personne ne sera pénalisé, ni comptable de ses errements, du gaspillage, ni perdra de l'argent. Des milliers d'usines sont parties à la casse entre 1994 et 2000, après le passage d'un typhon nommé FMI. Eddoula a même accéléré ce phénomène, chassant des dizaines de milliers de travailleurs de leurs emplois, justifiant ce formidable mouvement de dégraissage à l'échelle d'un pays par un départ en retraite anticipée. Qu'elle veut maintenant supprimer. 20 ans après, nous sommes revenus à la case départ. Entre-temps, il y a eu des centaines de milliards de dollars engrangés avec des prix de l'or noir au-delà des confins stellaires des 140 dollars le baril, mais qui se seraient évaporés comme une goutte d'eau mal conservée dans un océan d'incompétence. Et maintenant, on apprend avec stupeur que la SNVI ne vit que par les subsides de l'Etat, que les salaires sont versés sans contrepartie, et que, à brève échéance, ce sera le tour à d'autres entreprises publiques. Nous sommes en sursis, dans l'antichambre d'une situation dangereuse, qui pourrait se terminer avec des drames. Déjà, le ministre des Finances appelle les Algériens à se doter d'une ceinture plus courte et moins élastique avec son projet de loi de finances 2017, comme pour nous préparer à des lendemains difficiles, comme si c'était notre faute de n'être pas allés nous-mêmes négocier les contrats de notre ruine économique, notre banqueroute sociale, et notre perdition sociale. En un mot, l'Algérien version 2016, en attendant la version de la saison 2017, est le témoin du passage devant lui de son présent et de son avenir, qu'il regarde défiler, avec cette désagréable impression de déjà vu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com