Tiaret - A la une

"Mes efforts pour être éditée en Algérie ont été vains"



Lors de ce rendez-vous qui a eu lieu avant-hier à la librairie l'Arbre à dires, l'autrice qui vient de publier son premier roman Feux follets (éditions le Lys bleu) est revenue sur cette fiction qui relate une histoire de vengeance entre deux grandes familles de Tiaret, ainsi que sur les difficultés de se faire éditer en Algérie.Fraîchement débarquée sur la scène littéraire nationale et outre-méditerranéenne où elle a publié son premier roman Feux follets, l'autrice Sultana Annane était l'invitée de la librairie l'Arbre à dires à Alger où elle a présenté ce texte qui a demandé beaucoup de temps et d'efforts avant de voir le jour. Feux follets donc, édité chez Le Lys bleu en France et imprimé en Allemagne comme elle le dira lors de la rencontre, est un récit dont le noyau est réel, car il raconte l'histoire de deux familles ennemies, prêtes à tout pour garder la mainmise et leur pouvoir sur une ville de l'Ouest algérien, qu'on devine Tiaret, ville natale de l'autrice : "C'est l'histoire de deux tribus qui se livrent une «guerre froide» pour avoir un siège à l'APW. Elles usent de tous les stratagèmes pour y arriver. Mais au milieu de tout ça, il y a aussi de l'amour, de l'affection. Parce que finalement, elles vont s'allier pour arriver à leurs fins. C'est une alliance calculée bien sûr, et l'ultime but de l'une comme de l'autre est d'avoir ce siège."
Aussi, l'autrice fait le constat d'une société hypocrite et dénonce "les interdictions contre les femmes que prônent certains discours religieux". Au contraire, continuera-t-elle, "j'essaye de mettre en avant ce qui nous unit ; notre culture plurielle, qui devrait être notre élément unificateur plutôt que notre point de discorde, comme on a essayé maintes fois de le faire lors du Hirak en tentant de diviser les Algériens".
La décennie noire, période qui a marqué cette enseignante de formation et sa famille, notamment sa fille, alors âgée d'une dizaine d'années, est omniprésente, bien que ce ne soit pas le propos du livre. À ce sujet, elle a fait savoir à son auditoire qu'elle a proposé plusieurs manuscrits traitant du terrorisme des années 90, qui n'ont cependant "jamais vu le jour".
Expliquant plus en détail sa venue à la scène littéraire, elle qui a toujours versé dans l'écriture depuis son plus jeune âge, Annane dira que la publication de ce roman n'a été possible que "grâce aux réseaux sociaux, et grâce à Edilivre d'abord qui a édité ma nouvelle Nouvelles de mon terroir". Et de poursuivre : "Mes efforts d'être éditée en Algérie ont été vains. On me sortait l'excuse du livre qui n'est plus rentable. J'essaye de me faire éditer depuis 2017. Je dirais que j'ai été brisée, pas seulement découragée, et mon élan d'enthousiasme a été stoppé d'un coup."
Aussi, cet échec n'a pas été le seul coup dur à encaisser dans le début (chamboulé) de sa carrière littéraire. "Un livre sur les jeunes harraga, inspiré directement du parcours de mon propre fils qui s'est retrouvé dans son périple en Grèce, a également été refusé par un éditeur algérien qui a pignon sur rue, parce que, m'a-t-il dit, «il ne faut pas tout dire»."
Loin de se laisser décourager, Annane compte d'ores et déjà publier d'autres livres, dont l'un sera bientôt disponible. À noter que Feux follets est disponible à la librairie l'Arbre à dire et aux éditions du Lys bleu en France.

Yasmine Azzouz
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