" Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. " Shakespeare (Hamlet)
C'est un joli nom que celui de l'indépendance! Combien de générations trimant sous le joug des diverses occupations en ont rêvée un jour. Combien n'ont ménagé ni leurs efforts ni leurs biens pour que la nation prenne sa place un jour dans le concert des nations' Combien sont allés jusqu'à sacrifier le bien le plus précieux qui leur a été donné par la Divine Providence pour bouter hors du territoire national l'indu occupant.
Que de souffrances, que de sang, que de larmes pour qu'un jour, flotte au vent de la liberté retrouvée, un drapeau, symbole de tous les espoirs et de tous les rêves interdits jusque-là. Mais est-ce seulement pour des symboles que des centaines de milliers de jeunes ont renoncé à vivre' N'y avait-il pas derrière tous les symboles sacrés, forgés dans la lutte et dans les souffrances d'autres valeurs aussi sacrées, comme l'égalité des chances, la fraternité vécue pendant et avant la guerre et enfin la liberté' Liberté d'expression, d'informer, liberté de conscience, liberté de circuler, d'entreprendre, de goûter aux fruits de ses efforts, de s'organiser... Enfin, toutes les libertés qui ne portent pas atteinte aux libertés d'autrui. Mais le rêve le plus récurrent, c'était de voir le pays entier s'élever tous les jours, faire des progrès dans tous les domaines et rivaliser avec les nations qui disposent des mêmes atouts que nous. Et tout cela grâce à une sage gouvernance où les préoccupations individuelles seraient éclipsées par la grande ambition nationale. Mais au lieu de cela, après un demi-siècle d'errements, que voit-on' Un pays qui s'enlise dans les pires contradictions où corruption et mauvaise gestion sont devenues les deux mamelles de pillards déchaînés. Heureusement qu'il est passé le temps où l'information était confinée et réservée à des cercles restreints: le témoignage vécu ne suffisant plus, tous les jours, la Toile apporte son lot d'informations édifiantes émanant d'institutions internationales qu'on ne peut guère accuser de partialité. Les plus intéressantes, qui peuvent donner une idée de l'évolution de la situation économique du pays, sont les célèbres classements dans les divers secteurs d'activités.
Le classement est donné par la synthèse des données officielles, confortées par les études affinées des flux financiers et des échanges commerciaux fournis par les pays qui ont des services statistiques crédibles. Et c'est ainsi que l'on apprend qu'en matière de PIB, notre pays est classé au 46e rang derrière des pays beaucoup moins peuplés et ne disposant pas de richesses minières.
Evidemment, on peut toujours bomber le torse en voyant que nous sommes mieux lotis que le Nigeria... On peut en déduire que les richesses pétrolières nigérianes ne profitent pas à l'industrialisation de ce pays... Ce n'est pas tout! Ce n'est pas tout!
L'Algérie vient d'être classée dernière au monde pour l'Indice mondial de l'innovation (GII).
Notre pays se retrouve tout bonnement à la 125e place et clôture ainsi ce classement mondial réalisé par l'Insead, une des écoles supérieures de commerce les plus grandes et les plus renommées à l'échelle mondiale!
Elle se retrouve en queue de peloton des 125 pays classés. L'Algérie enregistre les plus mauvais résultats sur tous les continents étudiés par ce rapport mondial.
Notre pays est ainsi carrément dépassé par des pays en guerre, à l'image du Soudan et d'autres, touchés par une profonde crise politique, comme la Côte d'Ivoire! Selon cet indice mondial, des pays à faibles revenus comme le Ghana, le Bénin ou même le Niger font mieux que l'Algérie en matière d'innovation.
Enfin, cet indice mondial de l'innovation prouve que l'Algérie est dépourvue d'un facteur-clé de la croissance économique et en l'absence d'un «environnement favorable à l'innovation», elle ne pourra jamais booster sa «compétitivité». Alors, on peut se demander à quoi peuvent servir toutes les écoles, universités et divers instituts qui activent pour la formation de chercheurs... qui partent pour l'étranger.
Donc, il ne faut pas s'étonner que les maladies médiévales comme la lèpre viennent réélire domicile chez nous, à Tiaret. On le mérite bien!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com