Tiaret - A la une

Lorsque toute la communauté s'implique



Cela se passe sur les hauteurs de l'Ouarsenis en pleine forêt « el Melaab ». L'endroit fut infesté par les hordes terroristes. Beaucoup de citoyens avaient été victimes. Le cimetière a pris des proportions jamais imaginées par les Ouled Sidi Adda. Ils sont revenus par groupes de familles armées. C'est ce qui encouragea le reste a réoccupé les lieux.La terre et la dignité en arabe «el ardh et el 3ardh». Mais il leur fallait une source de revenus. Les enfants nés en ville découvrent la nature. Ils jouaient à longueur de journées. Les quelques chèvres acquises à crédit fournissaient les laitages. Cela restait insuffisant comme nourriture. Les fruits sauvages comme les baies ou les figues de barbarie furent cueillis dès leur apparition, avant même qu'elles ne soient mûres. En fait, il n'y avait que la volonté de sauver l'honneur des familles qui prévalait et maintenait les familles des Ouled Sidi Adda. Il n'y avait pas de Hadj parmi eux mais ils étaient tous de bons croyants. Leurs moyens étaient dérisoires et la caisse commune était destinée pour les secours en cas de grandes maladies. Ils se sont organisés pour assurer leur propre sécurité. Les quelques fusils de chasse, le fusil à pompe et le pistolet-mitrailleur kalachnikov changeaient de mains selon le tour de l'équipe de garde. C'est la première fois dans leur vie, la vie paysanne, que le responsable d'une arme la cède à quelqu'un d'autre. Parmi les équipes de garde il y avait des femmes. Ces moments raffermirent les liens de confiance entre les cousins germains. Cette étape cruciale chez les Ouled Sidi Adda a été des plus importante dans leur vie. Les célibataires prirent leurs cousines comme femmes. Les orphelines étaient les premières à fonder des foyers. Certains enfants de ces unions portent le prénom de Abdelkader. Ce n'est pas en reconnaissance du saint Sidi Abdelkader. Mais pour remercier l'ex- conservateur des forêts de Tiaret, M.Yettou Abdelkader. Il les a accompagnés dès les premiers instants de leur décision de réoccuper leur milieu naturel. Un programme spécial pour réoccuper le monde rural est initié par l'Etat. Les PPDRI (les Programmes de proximité pour le développement rural intégré). Le conservateur des forêts, Yettou Abdelkader, le mis en oeuvre au profit de cette communauté. Son soucis majeur était la cohésion entre les membres de ces familles. Il commença par les recruter dans le cadre de «la veille contre les incendies de forêts». Il savait ce qu'il faisait. Comme ils s'entendaient déjà sur les tours de garde et rondes, cette nouvelle fonction a été vite assimilée. Le plus âgé, Adda Ben Mokhtar, désigna son neveu en tant que coordinateur et animateur. D'ailleurs, c'est le seul qui a eu accès à une formation. Lequel porte le même prénom que son oncle Mokhtar. Il parle peu et sait écouter. Lors des réunions tenues sous le genévrier, ils ont tracé les priorités. Mokhtar les a inscrites sur papier pour les présenter à M.Yettou, conservateur des forêts. Ce programme ambitieux prévoyait l'ouverture de pistes, la réalisation de logements ruraux, la dotation de modules d'élevages pour les veuves, l'acquisition de ruches et d'essaims d'abeilles, la plantation d'arbres rustiques tels que le noyer, l'olivier, l'amandier et le caroubier. Ils ont oublié les kits d'énergie solaire. Yettou ne parla pas de ce sujet, le laissant en dernier comme surprise en en guise de «cerise sur le gâteau». Le conservateur des forêts nous expliqua : «comme ça, ils vont défendre leur territoire qu'est la forêt et leur honneur. Ils ont exprimé leurs besoins, ils ont classé les priorités, et comme l'Etat trouve que ces demandes sont légitimes, ils ont eu tout ce qu'ils ont demandé. Nous les avons dotés de paires de jumelle pour mieux voir et discerner ce qui vient de l'horizon». Ils sont arrivés à étouffer tous les départs de feux de forêt et à sauver les forêts du Ouarsenis
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