Tiaret mérite bien son nom de capitale des Hauts-Plateaux de l'Ouest. Et pour cause, il est regrettable qu'on ne retienne de cette vaste contrée que les seules spécificités liées à son caractère agropastoral qui s'inscrivit déjà depuis le néolithique, alors que plusieurs autres royaumes ont défilé dans la région.Au passé historique millénaire, traversé par plusieurs civilisations, toutes défaites, l'on continue aujourd'hui de focaliser sur le seul royaume ibadite et sa capitale Tihert. Pour le commun des citoyens «les vestiges de pierres et de lettres attestent de civilisations brillantes» et d'aucuns ne purent s'empêcher d'identifier Tiaret aux Rostémides pour ce qu'a laissé comme traces indélébiles ce royaume. C'est donc avec l'avènement de l'islam et sur les ruines d'anciens royaumes qu'est née la cité des Rostémides, capitale du premier Etat musulman au Maghreb.La nouvelle ville, dont l'importance n'est plus que secondaire pendant de longs siècles, allait d'ailleurs peu de temps après être éclipsée par sa voisine Tagdempt ou «Tihert la neuve», fondée en 761 (144 de l'hégire), à 7 km à l'ouest, par le Persan Abderrahmane Ibn Rostom. Ce dernier gouverneur kharidjite (secte ibadite) de Kairouan avait dû s'enfuir et chercher refuge dans la région où la plupart des Berbères avaient adhéré au schisme nouveau. Cette ville, qu'il construisit de toutes pièces, allait devenir la capitale très excentrique d'un curieux royaume. Il s'étendait jusqu'en Tripolitaine et devait durer un siècle et demi. Son histoire est bien connue.C'est un royaume théocratique, dont le chef porte le titre d'imam. Sa réputation de sainteté attire de nombreux Occidentaux, la ville prospère, sa croissance est rapide. Elle devient le centre d'une brillante vie intellectuelle. D'un autre côté, de nombreux négociants étrangers contribuent à sa splendeur. La paix est rarement troublée, la ville que l'on nomme la "petite Irak" se dote de mosquées, de riches demeures et devient en même temps un grand marché.Elle atteint son développement maximum vers le milieu du IXe siècle. Les habitants n'ont pas le tempérament guerrier et l'imam ne s'appuie pas sur une force armée organisée, l'austérité des m?urs s'est relâchée. Aussi, dès la première attaque des Fatimides, le royaume s'effondre. Tihert ne peut résister, elle est prise et détruite en 296 de l'Hégire (909 après J.-C.) et ne s'est jamais relevée. Les habitants échappent au massacre et se réfugient d'abord à Sedrata, près de Ouargla, puis dans la vallée du M'zab. Le souvenir de leur splendeur passée est encore vivace dans les c?urs des Ibadites, «les puritains du désert», et ils parlent toujours de «l'état de gloire» qu'ils ont connu à Tiaret.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com