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Les défis de Naftal



Les défis de Naftal
L'Algérie est classée 3ème pays au monde où le carburant est le moins cher.L'ambitieux programme quinquennal de modernisation et de développement de Naftal, filiale du groupe Sonatrach, nécessitera une enveloppe financière de 200 milliards de dinars. Cette information recueillie à Relizane auprès du P-DG de Naftal, Hocine Rizou, est relative à la modernisation des stations-service autoroutières pour assurer aux usagers des prestations de services «selon les standards internationaux». 32 stations déjà réceptionnées sont fonctionnelles alors que 22 autres seront lancées prochainement après l'affectation des assiettes foncières nécessaires.Au coeur de ce programme d'importance, figure en seconde priorité l'augmentation de capacités de stockage en carburants dont notamment la réalisation de nouveaux centres de stockage et de distribution de carburants, de portée stratégique, pour répondre aux besoins sans cesse croissants des usagers de la route.Le parc de véhicules - plusieurs centaines de milliers d'unités, circulant actuellement en Algérie - doit bientôt atteindre le nombre de 5 millions et nécessite une augmentation substantielle du volume de carburant tous types confondus. Le rythme de développement des capacités de raffinage est loin de correspondre au rythme de croissance de la consommation interne estiment les spécialistes dans le domaine. Les 60 méga-stations qui seront disséminées le long de l'autoroute Est-Ouest, engloutiront d'énormes quantités de carburants pour pouvoir satisfaire une population qui, de par l'amélioration de son niveau de vie, se déplace plus fréquemment et souvent sur de longues distances, que ce soit pour le transport de marchandises que pour les voyages d'agrément alors que le transport aérien est quelque peu «boudé» tant pour les tarifs pratiqués que par les nombreuses régions non encore connectées entre-elles, avec la capitale comme avec les agglomérations industrielles et les ports du Nord du pays. Ce regain d'activité économique, qui nécessite de multiples déplacements, s'explique aussi par la dynamique d'investissement qui caractérise l'Algérie d'aujourd'hui. Concernant l'approvisionnement de ces stations, Hocine Rizou a assuré que ces installations ainsi que les structures de stockage y attenantes sont alimentées «en H 24 et en trois fois huit». Se voulant rassurant quant aux perturbations observées ces dernières semaines au niveau de certaines stations-service situées notamment au niveau des frontières, ce même responsable a imputé cette situation au phénomène de la «contrebande et à l'accroissement du parc automobile». L'Algérie est classée comme 3ème pays où le prix du carburant est le moins cher au monde à la pompe, soit 0,22 dollar le litre alors qu'il atteint 0,80 en Tunisie, 1,11 au Maroc et 1,21 en Mauritanie. Dans le Grand Maghreb, seule la Libye pratique un prix moindre que l'Algérie en cédant le litre d'essence à 0,14 dollar, ceci dit, en outrepassant quelque peu les recommandations de l'OMC en la matière. A titre de comparaison, le prix moyen de l'essence dans le monde pour la période actuelle (août 2015) est de 1.09 dollar U.S. Le phénomène de contrebande, dont l'usage s'est multiplié à travers les frontières est et ouest, trouve son explication à travers ces prix à la pompe et les démarcations plus ou moins «poreuses» du pays par où transite ce trafic qui s'effectue à bord de tous les moyens de transport possibles. On y recense, outre le transport traditionnel à dos d'âne, qui est usité à outrance, des camions à double réservoirs volumineux, des véhicules dotés de citernes camouflées et sans compter les véhicules «normaux» qui traversaient la frontière avec un plein d'essence et revenaient au pays le «ventre» vide.Aussi, la fermeture de la frontière ouest avec le Maroc, pour les raisons que l'on sait, est-elle quelque part bénéfique pour l'Algérie économiquement parlant. Ce trafic juteux pour les contrebandiers sert aussi de support afin d'introduire des tonnes de stupéfiants venant du Maroc vers l'Algérie.Il est utile de savoir aussi que pour répondre à une demande débordante, l'Algérie importe pour des milliards de dollars de carburants, notamment du gasoil et de l'essence sans plomb, ainsi que des produits pétroliers raffinés. Le pays importe par ailleurs, par le biais d'appels d'offres internationaux émis par Sonatrach, près de 50%, sinon plus, de lubrifiants sans parler de ses besoins en bitume et en polymères. Le marché de Lavéra (Bouches-du-Rhône) en France, reste le principal marché international de produits pétroliers auprès duquel s'approvisionne la compagnie nationale SH.Pour ce qui est des raffineries, un problème de localisation de taille se pose. Il s'agit aussi du gel du projet de réalisation d'une raffinerie à Tiaret, d'une capacité de 15 millions de tonnes/an, laquelle n'a pas suscité l'intérêt des investisseurs étrangers.L'unité, qui devait entrer en production en 2015, risque de ne jamais voir le jour. Initialement prévue à El Kseur (wilaya de Béjaïa), celle-ci a été délocalisée à Tiaret avant qu'il ne soit établi que le choix du site n'était pas judicieux à cause notamment de son éloignement du port d'Arzew et d'un manque d'eau important dans la wilaya pour faire fonctionner la raffinerie.


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