Après quatre jours de débats, les députés de la Chambre basse du Parlement ont adopté jeudi le plan d'action du gouvernement d'Aïmene Benabderrahmane.Autant dire que, sans surprise, le projet est passé comme une lettre à la poste. De ces interventions, faites par plus de 300 députés, une idée émerge : le volet politique a presque disparu du perchoir de l'hémicycle de l'Assemblée populaire nationale, qui est en principe une arène politique par excellence. Sur l'ensemble des interventions, seules deux à trois se sont hasardées sur le terrain politique.
C'est notamment le cas de Slimane Zergani, élu MSP de Tiaret, qui a "osé" faire remarquer que dans le volet lié aux libertés, "il ne peut pas exister de liberté", puisque "toutes les libertés sont bafouées". Il dira aussi que le projet évoque le "développement de la presse", alors que "la presse est muselée".
À retenir également le laïus de sa collègue de parti, Khadidja Belkadi, qui a accusé le gouvernement de tenir "un discours creux". Rabia Abdelhak, député indépendant de Bordj Bou-Arréridj, a, lui, plaidé pour le rétablissement de "la confiance entre les Algériens et l'Etat".
Cette confiance est "malheureusement perdue", a-t-il insisté, timidement, avant de passer à d'autres sujets plus sociaux. C'est à l'évidence, en effet, le volet social qui s'est taillé la part du lion des interventions des députés. Celles portant sur le volet politique se comptent sur les doigts de la main.
Contrairement aux législatures précédentes durant lesquelles les députés disposaient de microphones individuels, les parlementaires sont désormais conviés à s'exprimer depuis le perchoir des membres du gouvernement, qu'ils ont maintenant en face lors des interventions.
Un nouveau décorum qui serait probablement à l'origine de la retenue affichée par certains députés qui, visiblement intimidés, se sont parfois excusés pour les critiques qu'ils allaient formuler. "La différence fait partie de la vie", lance l'un d'eux, un peu décontenancé, à un Aïmene Benabderrahmane, resté de marbre. Ont-ils reçu des instructions leur demandant d'adoucir leur discours '
En tout cas, l'époque des envolées lyriques, des joutes oratoires entre ministres et députés, ainsi que des attaques acerbes qui fusaient dans l'hémicycle contre le gouvernement semble faire partie du passé. Il faut dire que, contrairement aux précédentes sessions, il n'existe pratiquement plus de groupes d'opposition dans l'actuelle Chambre basse.
Le seul groupe qui ne soutient pas directement le gouvernement, celui du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a, selon toute vraisemblance, opté pour un discours empreint de modération, contrairement aux positions du parti.
Ses députés, qui sont intervenus dans les débats, sont un tantinet plus critiques que leurs autres homologues. Mais sans plus. Cela donne plus d'aisance au Premier ministre, qui a livré ses réponses principalement sur les questions économiques.
Ali BOUKHLEF
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali BOUKHLEF
Source : www.liberte-algerie.com