Tiaret - A la une

Le ras-le-bol



Le ras-le-bol
Réalité - C'est sur une note très peu reluisante, malheureusement, que s'achève ce cinquantenaire. La situation sociale de ce peuple est intenable et elle n'est pas près de s'améliorer de sitôt.
L'érosion du pouvoir d'achat des citoyens est tel, en plus de la démission pure et simple de l'Etat, que personne n'est content de son sort, hormis les classes les plus privilégiées et les mieux loties.
Des milliers de retraités pour ne pas dire la plupart, vivent au seuil de la pauvreté.
Au point d'ailleurs que malgré leur âge avancé, de nombreux pensionnés n'ont pas hésité à investir la rue pour dire leur colère et leur ras-le-bol.
Des dizaines d'entreprises ont fermé leurs portes ou s'apprêtent à le faire.
Malgré une décision de justice en bonne et due forme qui les autorise à rejoindre leurs postes après avoir été injustement licenciés, des dizaines de travailleurs éprouvent toutes les peines de monde à faire exécuter leur jugement. Malgré les différents rappels, ils n'ont toujours pas encore le droit de franchir le seuil de leur entreprise.
La réalisation de logements se fait à une cadence tellement lente que des quartiers entiers s'embrasent comme des feux de paille.
La protesta, qui a atteint tout le territoire national, se radicalise de plus en plus. Et le spectacle est partout le même.
Des routes sont bloquées, parfois fermées, des APC incendiées, des élus lynchés et des édifices publics saccagés ou caillassés.
Ces échauffourées ont donné naissance à un autre phénomène, nouveau dans le paysage de notre pays, l'immolation par le feu.
Pire, des riverains près de Tiaret se sont aspergés collectivement d'essence pour mettre fin à leur vie pour les mêmes raisons.
Notre université qui était un centre de rayonnement international jusque dans les années 70 grâce à des hommes comme le professeur Mendouze et qui accueillait des centaines d'étudiants d'Afrique et du Monde arabe ne dispense qu'un piètre enseignement aujourd'hui et ne forme que des cadres médiocres au mieux, et des chômeurs au pire.
Comme notre université, notre septième art est tout aussi sinistré. Et apparemment, il le restera pour longtemps.
Après avoir obtenu, haut la main, la palme d'or au festival de Cannes dans les années 70, le voilà aujourd'hui au plus bas de l'échelle maghrébine.
Et nous ne parlons pas des centaines de salles de cinéma fermées et cadenassées depuis plus de 20 ans.
Excéption faite pour les cinémathèques.
Mais ces décennies seront surtout marquées par des pénuries de tous genres.
Pénurie d'eau, rupture de stock des médicaments, manque de pièces de rechange, d'outillage et même de carburant. Quel que soit le pouvoir qui sera mis en place et la conjoncture politique nationale et internationale qui prévaudra alors, il sera tenu de relever au cours de la prochaine décennie le défi du logement, des pénuries et celui du chômage endémique.
Il lui faudra imaginer une politique nouvelle qui permette à l'université de jouer vraiment son rôle, une politique qui mette fin à la fuite des capitaux, des cerveaux, des compétences et des jeunes qui n'ont d'autre alternative que de chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas chez eux.
Il faudra aussi et peut-être surtout qu'il soit capable de choisir les hommes qu'il faut à la place qu'il faut et qu'il sépare le bon grain et l'ivraie.
Stabilité
Il faut bien l'admettre, la stabilité du pays est à mettre d'abord et avant tout au crédit d'un peuple que l'on a souvent accusé d'être immature. Très peu de pays du tiers-monde peuvent se vanter aujourd'hui de n'avoir eu que 6 chefs d'Etat au cours de leurs cinquante dernières années. Malgré un coup d'Etat en 1965, le décès d'un président en 1978 et l'assassinat d'un autre en 1998, le pays a évité la guerre civile et les affrontements entre régions.
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