Tiaret - Revue de Presse

Le chirurgien de Theniet El Had innocenté



Le chirurgien de  Theniet El Had innocenté
Au moment des faits, l'ex-chirurgien de l'hôpital de la ville de Theniet El Had disait ne pas savoir réellement si la malade avait ou non son rein au moment de l'acte opératoire. Le tribunal criminel de Tiaret a, au terme d'un long procès tenu jeudi dernier, innocenté A.A, 52 ans, ex-chirurgien de l'hôpital de la ville de Theniet El Had dans la wilaya de Tissemsilt. Accusé d'avoir pratiqué, en 2001, une néphrectomie alors que la malade K. F., âgée de 38 ans, mère de six enfants, était venue pour se délester uniquement d'un kyste hydatique qui enveloppait son rein gauche, ce chirurgien s'est brillamment défendu. Au moment des faits, ce dernier disait ne pas savoir réellement si la malade avait ou non son rein au moment de l'acte opératoire. Dans l'urgence, il fallait passer à l'acte. La situation de doute qui planait ainsi à l'issue de l'opération a fait naître, six mois après, des suspicions dans l'entourage de la malade.Celle-ci, selon un IRM pratiqué le 5 mai 2007, il y avait bel et bien néphrectomie alors que le chirurgien disait avoir simplement procédé à l'enlèvement du kyste qui enveloppait le rein. La leçon d'anatomie à laquelle nous avons assisté, animée passionnément par les juges, avocats dont celui de la partie civile, représentant du ministère public, et experts, n'a pu lever l'ambigüité qui subsistait même si l'unanimité s'était faite autour du fait que le kyste dont le volume était trois fois plus grand que le rein aurait pu absorber l'organe, objet de soupçon. S'agissait-il d'un syndrome de jonction congénitale ' Appelé à la barre, l'expert, chef du service médico-légal de l'hôpital Youssef Damardji, a poussé, lui, le raisonnement jusqu'aux petits détails, incompréhensibles du reste pour l'auditoire.Six ans après les faits sur fond d'analyses, expertises et surtout du dépôt de plainte par la patiente, le tribunal a finalement été convaincu de la bonne foi du chirurgien en prononçant l'acquittement. Le corps médical, lui, s'est retrouvé, à la faveur de cette énième affaire, au-devant de l'actualité liée aux erreurs et fautes médicales. Une problématique qui a fait dire à un responsable du conseil d'éthique médicale régional que « trop souvent, on prend les médecins et, principalement les chirurgiens, pour délinquants ». Une donne qui devrait changer selon notre interlocuteur. « Certains d'entre eux, malmenés, ont carrément fui le pays ». D'autres attendent que la justice tranche dans leur cas. Ont-ils raison pour autant d'abdiquer ' Apparemment non, si tout le monde se résout à laisser la justice faire son 'uvre loin des surenchères syndrome de jonction congénitale.
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