
Le lieu des explosions devant le terminalL'Algérie a «condamné avec force», par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l'attentat, estimant que l'escalade terroriste en Turquie, et ailleurs, interpelle l'ensemble des pays sur l'urgence de coordonner leurs actions dans la lutte contre le terrorisme.Le tout dernier bilan du triple attentat qui a ciblé mardi soir l'aéroport international Atatürk d'Istanbul fait état de 41 morts dont 13 de nationalités étrangères et 239 blessés. Les autorités turques avaient indiqué que des explosions ont eu lieu d'abord à l'entrée du terminal des vols internationaux, premier stade des contrôles moins minutieux qu'à l'accès aux salles d'embarquement. Trois assaillants ont ensuite mitraillé des passagers et des policiers en faction, puis ils ont actionné leur ceinture explosive. L'objectif était de faire un véritable carnage. Le président Erdogan a appelé la communauté internationale à une «lutte commune contre le terrorisme», ajoutant que «cette attaque, qui s'est déroulée pendant le mois du Ramadhan, montre que le terrorisme frappe sans considération de foi ni de valeurs».Sans foi ni loi, sans doute, les attentats des kamikazes d'Istanbul suscitent néanmoins plusieurs questions. Ils surviennent, d'abord, au moment où la Turquie vient d'annoncer la normalisation de ses rapports avec Israël puis la Russie, brisés par de graves dissensions liées, pour l'un, à l'arraisonnement sanglant d'un bateau turc forçant le blocus de Ghaza et, pour l'autre, à un bombardier russe abattu en novembre 2015 dans le ciel de Syrie. Dans la foulée, Ankara avait annoncé, la veille des attentats, son intention de rétablir le dialogue avec l'Egypte du maréchal Sissi, rompu depuis le coup dEtat de 2013.Tous ces efforts diplomatiques pour recentrer la Turquie dans le contexte régional ont-ils été sanctionnés par les commanditaires du triple attentat' Si tel est le cas, il n'y a alors aucun doute qu'il s'agit bien d'une attaque de l'Etat islamique qui n' a pourtant jamais revendiqué la moindre opération contre un régime avec lequel il entretient des relations sulfureuses bien que farouchement démenties par les Turcs. Mais Daesh pourrait effectivement avoir cédé à la tentation de punir Ankara pour son deal avec Israël et Netanyahu et pour sa réconciliation avec Moscou.Daesh, acculé sur plusieurs fronts en Syrie et en Irak, s'est-il senti à ce point floué par les récentes manoeuvres de la Turquie qui se repositionne en fonction de ses intérêts majeurs, lourdement hypothéqués depuis la brouille avec la Russie' Les sanctions russes contre Ankara n'ont pas affecté seulement le tourisme, elles ont eu aussi un effet négatif sur l'agriculture, le commerce, l'énergie (gaz) et la construction. Rien que pour les quatre premiers mois de 2016, les échanges commerciaux entre les deux pays ont enregistré une baisse de 18 milliards de dollars au détriment de la Turquie. Une nouvelle lune de miel russo-turque aura pour le groupe Etat islamique des allures de tragédie, surtout que l'armée syrienne a fortement progressé en direction de Deir Ezzor, contrairement aux forces arabo-kurdes.D'ailleurs, la Russie et la Turquie vont pouvoir examiner les enjeux de leurs relations économiques dès demain, à la faveur de la réunion prévue à Sotchi où se tiendra une session du Conseil des ministres de l'Organisation de la coopération économique de la mer Noire. Le MAE turc, Mevlüt Cavusoglu, sera présent à ce sommet. Ces données concordent pour étayer la thèse d'une responsabilité de l'EI qui a plusieurs raisons, aussi solides les unes que les autres, pour commettre ces attentats à un moment où les frontières de la Turquie risquent de devenir imperméables pour son approvisionnement en armes et en combattants ainsi que pour ses trafics. Istanbul et Ankara ont été à plusieurs reprises la cible d'attentats, depuis l'an dernier, faisant près de 200 morts et des centaines de blessés. Istanbul le fut en janvier (12 touristes allemands tués), en mars (quatre touristes tués) et début juin (11 morts dont six policiers, revendiquée par les Kurdes). Le premier réflexe était de mettre en cause le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ou le TAK, une excroissance. Mais ceux-ci ciblent volontiers les commissariats et plus largement les éléments des forces de l'ordre, même si leurs attaques atteignent souvent des civils. A Istanbul, mardi soir, les kamikazes ont visé le tourisme pour frapper d'une façon spectaculaire l'économie turque, déjà malmenée par la guerre à ses frontières et le nombre de migrants sur son sol. Et la méthode choisie correspond davantage aux habitudes de Daesh, dont la signature restera probablement, là encore, anonyme.Un Algérien légèrement blesséUn ressortissant algérien a été légèrement blessé dans l'attentat, a indiqué hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif. «Le nommé Belhassos Khaled né le 06/06/1994 à Tiaret, a été légèrement blessé dans l'attentat terroriste qui a frappé hier l'aéroport Atatürk d'Istanbul.Il a été admis à l'hôpital Bagcilar d'Istanbul où il a reçu la visite de nos agents consulaires», a déclaré M.Benali Cherif.Le président Bouteflika présente ses condoléancesLe président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a présenté hier ses condoléances à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, ainsi qu'au peuple turc et aux familles des victimes, à la suite de l'attentat terroriste ayant ciblé l'aéroport d'Istanbul. «C'est avec stupeur que j'ai appris l'horrible attentat terroriste qui a ciblé l'aéroport d'Istanbul faisant des dizaines de morts et de blessés. L'Algérie condamne ce crime terroriste odieux», a écrit le président, dans un message de condoléances. «Au nom du peuple algérien, de son gouvernement et en mon nom personnel, je vous présente nos sincères condoléances à vous-même, au peuple turc ami et aux familles des victimes et vous assure de notre solidarité en cette douloureuse épreuve», ajoute le chef d'Etat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com