
Il ne se passe pas un jour à Tiaret, sans que des habitants se remémorent les vieux souvenirs de leur ville, ces images de l'ancienne Tiaret, aujourd'hui restées gravées dans les mémoires comme si le temps était resté suspendu.Même sur les réseaux sociaux, l'essentiel des échanges se fait autour de l'ancienne Tiaret, c'est dire ! Quelque part, cette façon d'aduler le passé se traduit par fuir le présent, que certains vont jusqu'à maudire. En fait, en dépit d'un certain développement qui a quelque peu bousculé les ordres sociaux, culturels ou spatio-temporels, les Tiarétis restent profondément marqués par les bouleversements et ne jurent que par telle photo, événement ou personnage ayant indubitablement marqué les esprits.Ne dit-on pas qu'à défaut de grives il faut se contenter de merles ' Aujourd'hui, avec un environnement dégradé, le dépit est visible et est au bout des lèvres dès qu'il s'agit d'évoquer tel ou tel lieu du centre-ville de Tiaret. Pour revenir à cette saison estivale, autant admettre qu'à Tiaret, les jours passent et se ressemblent. Affalés par la canicule qui frôle allègrement les 40° Celsius, impuissants face à la cherté de la vie, et surtout au manque de loisirs et de divertissement, les gens restent blasés.Les jeunes souffrent le plus, d'autant que la plage la plus proche se situe à 170 km de là, sur le littoral mostaganémois. Y tenter l'aventure de la grande bleue est un véritable parcours du combattant. Pour l'avoir essayé pour nos lecteurs, le pari reste risqué et néanmoins coûteux pour un séjour d'une journée, transporté à bord de bus tout aussi problématique et générateur d'accidents. Au niveau du chef-lieu de wilaya, le désarroi est accentué par l'absence d'une piscine digne de ce nom.Les travaux de la seule grande infrastructure en cours de réalisation (la piscine olympique) traînent depuis? 32 ans ! Et ce n'est pas fini: ce grand bassin d'eau s'apparente plus à une chimère qu'à un projet qui aurait dû ouvrir des perspectives plus ou moins heureuses. Les plus sarcastiques vous diront qu'il y manquerait le sacrifice d'un bélier, un autre motif qui figure sur les armoiries anciennes de la ville de Tiaret.L'actuel wali, Bentouati Abdeslam, par souci de ne pas décevoir, n'a pas voulu fixer une date pour son ouverture, alors que les «travaux sont en voie d'achèvement», précise-t-on au niveau de la DJS. Quoiqu'il en soit, l'été 2016 reste lui aussi cauchemardesque, tout aussi que les précédents. La situation reste atténuée, mais toute relative, depuis que certains privés ont pris sur eux d'aménager des plans d'eau? mais à un prix relativement coûteux, puisqu'il s'élève à 500 DA le ticket.En attendant donc des jours meilleurs, les gens de Tiaret devront se contenter de la Mina et ses majestueuses cascades à Sidi Ouadhah, histoire de flâner sous les denses maquis du plateau des bois et les gens du petit peuple de retenues collinaires. Le décompte macabre fait déjà état du décès de neuf personnes par noyade, dont trois jeunes pour une seule famille du côté de Frenda durant cet été. A défaut de mer, il y a ceux qui résistent aux vicissitudes et vous recommandent une gaâda sous les platanes au c?ur de la ville quand le jet d'eau daigne y tourner.Les plus téméraires iront sur les hauteurs offrir aux bambins une virée au parc d'attractions, tout récemment aménagé et qui a rouvert ses portes. Tiaret dispose pourtant d'autres atouts mais dévalorisés, dont le «haras national de chaou-chaoua», véritable vitrine locale et nationale mais par manque d'esprit d'initiative, la région reste en friche en attendant un quelconque Salon du cheval pour se secouer de la triste léthargie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com