Colère des parents des détenus
De grosses frayeurs sur fond de rumeurs des plus folles ont circulé hier matin dans la ville de Tiaret sur une prétendue émeute ponctuée par un incendie. La nouvelle, qui a circulé telle une traînée de poudre, a fait drainer une foule compacte partie à la recherche de la vérité. Une fois sur place, nous dûmes constater une ambiance des plus électriques. Le centre de rééducation ou prison civile, datant de l?ère coloniale, était cerné de part et d?autre par des policiers et des pompiers au moment où un nuage de fumée montait dans le ciel. De l?autre côté du pénitencier, presque tous les responsables concernés sont venus spontanément s?enquérir de la situation. Nous avons pour notre part attendu l?arrivée du procureur général près la cour de justice de Tiaret pour qu?enfin les portes daignent s?ouvrir. Mohamed Foulène, comme pour nous prendre à témoins, nous guide en compagnie de deux autres collègues droit vers le lieu exact du sinistre, un atelier réalisé en tôle ondulé situé dans la cour ravagé de l?intérieur du fait, soutient-on officiellement, d?« un court circuit électrique ». Il a fallu vider pas moins de deux grands camions chargés d?eau pour venir à bout du sinistre qui s?est déclaré aux environs de 10h. Les lieux fraîchement repeints dégageaient une forte odeur du brûlé et des matelas en mousse qui s?y trouvaient (par inadvertance ?) imbibés d?eau et à moitié incendiés s?entassaient dans la cour à côté d?objets hétéroclites. L?agitation était à son comble parmi le personnel et aucun signe ne présageait d?une quelconque émeute, car aucun détenu n?a été aperçu. Une situation pour laquelle ont tenté de nous prendre à partie certains parents très en colère qui demandaient à voir leurs enfants. Effondré en larmes, un sexagénaire demandait la vérité au moment où le wali quittait les lieux. Quelques minutes plus tard, la colère monta d?un cran et il a fallu toute la psychologie des responsables du pénitencier et des policiers présents pour calmer les esprits. On apprendra plus tard que deux personnes déléguées par la foule en colère ont été voir les détenus qui seraient saints et saufs. Au-delà du sinistre et de la colère légitime des parents qui craignaient pour la vie de leurs enfants subsiste le caractère vieillot de cette infrastructure qui mérite d?être fermée au plus vite, car ployant sous des centaines de prisonniers. Il y en aura près de 700 détenus. Cela passe irrémédiablement par l?exécution rapide des nombreux projets dont a bénéficié le secteur de la justice, à commencer par ce pénitencier d?une contenance de 1000 places à Tiaret, de ceux dits en milieu ouvert dans les daïras de Sougueur et de Frenda.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A. Khalid
Source : www.elwatan.com